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CINE-CONCERTS...
ET AUTRES PROJETS
Depuis quelques années, à côté des séances Pochette Surprise qui connaissent un grand succès, le Balzac développe un ambitieux projet ciné-concert et apparaît désormais comme un des lieux innovants de la capitale dans ce domaine.
Le projet ciné-concert du Balzac se décline selon plusieurs axes :
- Constitution d’un collectif de musiciens dédiés au ciné-concert et intervenant régulièrement au Balzac
- Présentation de longs métrages muets en ciné-concert, avec des formations musicales de haut niveau
- Mise en place d’un partenariat avec la classe d’improvisation de Jean-François Zygel au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris pour présenter les grands films du répertoire burlesque en ciné-concert
- Organisation de ciné-concerts destinés spécifiquement au public scolaire… |
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| A la découverte des chefs-d'oeuvre du muet... en musique ! |
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Le Balzac vous propose de découvrir les grands films du répertoire muet en ciné-concert, soit dans le cadre de soirées spéciales, soit le dimanche matin avec un cycle consacré aux grands noms du burlesques accompagnés en direct par les élèves de Jean-François Zygel au CNSMDP.
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| Le petit frère (The Kid Brother), de Ted Wilde (1926) |


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Dimanche 25 mai 2008, 11h
Nouveau rendez-vous avec Harold Lloyd !
Harold Hickory est le dernier des trois fils du shérif Hickory. Sous couvert d’une autorisation extorquée au jeune Harold, deux forains douteux s’approprient une collecte publique pour la construction d’un barrage et le shérif est accusé de détournement d’argent. Mais Harold décide de mener l’enquête...
Le film sera accompagné au piano par ERI KOZAKI.
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| Ciné-concerts en grand format |



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19 et 20 juin 2008
Le Balzac accueille quatre grands ensembles pour deux ciné-concerts jazz exceptionnels
Jeudi 19 juin, 20h30
PREMIERE PARTIE DE SEANCE
Un programme de courts métrages muets réalisés par Leo Mc Carey, Charles Chaplin et Buster Keaton, accompagnés en direct par la formation Archimusic de Jean-Rémi Guédon.
LE LONG METRAGE
La Nouvelle Babylone, de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg (URSS, 1929)
La Commune de Paris vue par les employés d'un grand magasin.
Le film sera accompagné par Surnatural Orchestra, formation de 19 musiciens apparentée à une fanfare.
Vendredi 20 juin, 20h30
PREMIERE PARTIE DE SEANCE
Fantaisie en Super 8 majeur
Avec le SonArt, Compagnie Musicale de David Chevallier
LE LONG METRAGE
Le Signe de Zorro, de Fred Niblo (Etats-Unis, 1920)
Ce grand classique du film de cape et d’épée avec Douglas Fairbanks dans le rôle de Zorro sera accompagné par le Ciné X’tet de Bruno Régnier, formation jazz de 9 musiciens déjà venue plusieurs fois au Balzac présenter des créations sur des films de Buster Keaton.
Archimusic, Surnatural Orchestra, le SonArt et Ciné X’tet/Bruno Regnier font partie de l’association Grands Formats. Fondée en 2003, cette association fédère aujourd’hui vingt orchestres présents sur l'ensemble du territoire et représentatifs de la diversité des mondes du jazz.
http://www.grandsformats.com
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| Ma vache et moi, de Buster Keaton (1925) |

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Dimanche 22 juin 2008, 11h
Le film sera accompagné au piano par Paul Boussot.
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| Gosses de Tokyo, de Yasujiro Ozu |


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Samedi 2 avril 2005
Le cinéma Le Balzac à Paris a présenté en avant-première, en collaboration avec Carlotta films, l’association Fos’Note (coordination musicale) et l’ADRC (dans le cadre de son action de soutien à la diffusion du cinéma de répertoire en régions), une projection en concert du film GOSSES DE TOKYO (1932) de Yasujiro Ozu. Le film était accompagné par Frédéric Loméro (guitare), Laurent Marode (Clavier), Karim Gherbi (Contrebasse) et Christian Paboeuf (flute et hautbois).
>>> En savoir +
GOSSES DE TOKYO de Yasujiro Ozu
« Un film qui allie l’art du burlesque à une fabuleuse humanité. » Quotidien de Paris
SORTIE AU CINÉMA LE 6 AVRIL 2005
Synopsis :
La famille Yoshi déménage d’Azabu pour s’installer dans la banlieue de Tokyo où le père a trouvé un nouvel emploi. Ryoichi (dix ans) et Keiji (huit ans) font l’école buissonnière et se lient avec Taro, le fils du patron de leur père. Premier sermon du père, le soir, pour qui « ce n’est pas ainsi qu’on devient des hommes importants ». Ce petit employé, soucieux des apparences, ne souhaite rien tant que de voir ses fils occuper une situation élevée. Mais ceux-ci sont d’une autre trempe et lorsqu’ils découvrent dans un film amateur que leur père, pour complaire à son patron, ne cesse de faire le pitre devant la caméra, ils quittent la séance furieux. De retour à la maison, ils apostrophent violemment celui-ci et décident, raidis dans leur dignité, qu’ils ne mangeront plus rien, si c’est à ces pitreries qu’ils doivent leur nourriture. Suite aux vaines tentatives de la mère, Yoshi réussit à leur faire entendre raison. Réconciliés, ils se retrouvent pour le repas familial. Les enfants admettent la déférence de leur père envers son patron et scellent leur amitié avec Taro, le fils de ce dernier.
Extraits du livre de Donald Richie : Ozu trad. française Pierre Maillard . - Genève : Lettre du Blanc, 1980
« A propos de ce film, son premier chef d’œuvre, Ozu a déclaré : « J’ai commencé par vouloir faire un film sur les enfants, c’est devenu un film sur les adultes ; alors que j’avais l’intention de tourner une petite histoire légère et brillante, le film s’est transformé pendant le tournage et est devenu très noir. La compagnie n’avait pas prévu un film semblable. Elle était si désemparée qu’elle en retarda la sortie durant deux mois. Le film gagna le premier prix Kinema Jumpo (meilleur film japonais de l’année).
A l’occasion de ce film, Ozu a réuni et assemblé au sein d’une forme presque parfaite les divers éléments qui constituent son style et sa vision de l’existence. Le film est un Shomin –geki [genre de cinéma, typiquement japonais qui porte principalement sur les réalités quotidiennes du peuple] qui met en lumière la rigidité de la société japonaise. Il tourne autour d’une unité familiale, mais les divers membres de cette unité intéressent Ozu plus que l’unité elle même. Et il met en scène des enfants qui renvoie involontairement l’image d’une société d’adultes, basée sur la duplicité des rapports. Mais Ozu va plus loin en suggérant qu’une telle innocence ne peut se poursuivre indéfiniment ; les deux petits garçons ne seront plus jamais les mêmes. Plus tard Ozu comprendra qu’une certaine forme d’innocence revient avec l’âge et il célébrera cette nouvelle simplicité meurtrie dans de nombreux portraits de vieillards qui réussiront à conserver dans ce monde froid une forme de pureté ; mais à quel prix ! Dans ce film de 1932, si brillant et si drôle, Ozu n’a pas encore jugé nécessaire de comprendre que l’innocence peut, d’une certaine manière, être reconquise. »
La Revue du cinéma :
« Ozu, encore fortement marqué par le burlesque et le slapstick américains, a joyeusement utilisé le couple des deux gamins, flanqués d’une bande « d’affreux jojos » particulièrement réjouissants. Du strict point de vue de l’efficacité comique, les grimaces et attitudes des deux frères sont irrésistibles, et loin de n’être qu’un cabotinage supérieur, sont l’expression même d’une authenticité saisie « sans en avoir l’air », d’une réalité retournée, comme justement chez Jean Vigo. »
Fiche du film :
Gosses de Tokyo (Umarete wa Mita Keredo)
Un film de Yasujiro Ozu – Japon – 1932
d’après un roman de Akira Fushimi, James Maki
Scénario : Takashi Kono, Geibei Ibushiya
Photographie: Hideo Shigehara, Yushun Atsuta
Décor : Takashi Kono
Assistant réalisation : Kinkichi Har
Production : Shochiku-Kamata
Duré : 94 min – N° VISA : 53475
Interprètes : Tatsu Saito, Hideo Sugawara, Tokkanhozo, Mitsuko Yoshikawa, TakeshiSakamoto, Seiji Nishimura, Shoichi Kofujita, Zentaro Ijima, Chishu Ryu
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| Safety Last, de Fred C. Newmeyer et Sam Taylor (1923) |

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Dimanche 15 mai 2005
Un chef-d'oeuvre du burlesque. Ou comment Harold Lloyd tente d’arrêter le temps, suspendu aux aiguilles d’une horloge fixée sur un gratte-ciel..
Au piano : Karol Beffa
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| A travers l’orage, de D. W. Griffith |

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Dimanche 29 mai 2005
L’une des plus belles réussites de D. W. Griffith et de son actrice fétiche Lilian Gish, accompagné en ciné-concert par Roch Havet (piano), Aidje Tafial (batterie/percussions), Emek Evci (contrebasse). Une incontestable réussite sur le plan musical, et des débuts très prometteurs pour le "collectif de musiciens" réunis par le Balzac !
>>> En savoir +
La jeune et pauvre Anna Moore (Lillian Gish) vit seule avec sa mère. Au cours d'une visite chez de riches cousins, elle est séduite par un don juan, Lennox Sanderson (Lowell Sherman), l'homme "aux trois spécialités, les femmes, les femmes et encore les FEMMES" qui l'abandonne, enceinte, après un faux mariage. Le bébé d’Anna meurt rapidement et la jeune femme, désemparée, trouve refuge et travail chez une famille de fermiers très puritains, les Bartlett. Elle tombe amoureuse du fils de la maison, homme sensible et poète, David (Richard Barthelmess). Mais son passé va ressurgir et, révélé, la mettre au ban de la société.
Moins connu que les grandes œuvres de Griffith telles que Naissance d'une Nation (1915), Intolerance (1916) ou Le Lys brisé (1919), sommet de la collaboration du cinéaste et de son actrice fétiche Lilian Gish (14 films ensemble), A travers l’orage compte pourtant parmi ses meilleures réussites. Le film tire sa qualité de la mise en scène de Griffith, tissée autour d'une construction scénaristique et surtout d'un découpage et d'un montage sans faille très maîtrisés. Il alterne longues plages dramatiques et purs moments de comédie parfois même teintés de burlesque (on le lui reprochera), jusqu'à la scène finale du triple mariage.
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| La Nuit du Muet... en musique ! |



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21 juin 2005
La Nuit du muet... en musique !
Toute une nuit (de folie) de cinéma et de musique
avec les musiciens de l'Orchestre du Balzac
Chefs-d’oeuvre du muet, musique à tous les étages, convivialité et gastronomie... Pour la première fois, la Fête de la Musique, c'est au Balzac que ça se passait !
>>> En savoir +
On en rêvait. Et comme on en rêvait, on l’a fait (ça se passe comme ça au Balzac). Une nuit de ciné-concerts et, tant qu’à faire, pendant la Fête de la Musique ! Ce faisant, nous avons d’ailleurs quelque peu relevé le niveau des festivités sur les Champs-Elysées où, à part beaucoup de monde et beaucoup de bruit, il ne se passait pas grand-chose d’intéressant en cette soirée du 21 juin.
Retour au Balzac et début de la nuit à 21 heures dans la grande salle, avec une centaine de spectateurs (pas si mal pour une première édition, compte tenu de la concurrence foisonnante ce soir-là dans Paris). Nous accueillons un invité de marque en la personne de Serge Bromberg. Il nous a fait l’amitié de venir présenter à sa manière enthousiasmante quelques joyaux du catalogue Lobster - un Laurel sans Hardy, des films de Gaston Velle ou Segundo de Chomon, un Charley Chase - en s’accompagnant lui-même au piano. Quelques attractions plus tard (une chanson interprétée par Fred Loméro, deux pièces de Schumann jouées par Paola Urbina, une jeune pianiste du CNR de Romainville, élève de Jérôme Granjon), c’est le plat de résistance : Les Mains d’Orlac, grand film expressionniste de Robert Wiene (1924) accompagné au piano par Jacques Cambra, principal artisan de cette nuit du muet. C’est Mireille Beaulieu qui se charge de lire les intertitres qu’elle a traduits.
A minuit, entracte. Tout le monde se retrouve dans le hall du Balzac pour échanger des impressions, boire un verre ou grignoter un bout de fromage. De nouveaux spectateurs arrivent, d’autres repartent pour dormir un peu avant une journée au bureau. C’est l’heure de Zorro, le film de Fred Niblo avec Douglas Fairbanks, accompagné cette fois par Mauro Coceano (piano et percussions), avec à nouveau Mireille Beaulieu pour les intertitres (très nombreux - merci Mireille !). Le film est précédé d’un morceau d’Albeniz joué par une autre élève de Jérôme Granjon, Anaïs Bergon.
Nouvel entracte, nouveaux spectateurs (les concerts ailleurs dans Paris commencent à se raréfier). Nous avons alors rendez-vous avec Leo McCarey et Charley Chase, dans un programme de quatre courts-métrages burlesques, accompagnés à la guitare par Fred Loméro et à la basse par Nicolas Karinsky.
Quatre heures du matin. Distribution de glaces à tout le monde avant le dernier film, précédé par « Il est cinq heures, Paris s’éveille » chanté par Fred Loméro. Puis le toujours charmant et rafraichissant Effet d’un rayon de soleil sur Paris par un beau dimanche, de Jean Gourguet (1928) est accompagné au piano par Jacques Cambra et à la batterie par Pascal Manganaro. A notre grand étonnement, il reste encore une cinquantaine de personnes dans le hall du Balzac quand nous nous séparons, pas forcément les mêmes qu’au début de la soirée, beaucoup de jeunes... Précisions pour finir que cette nuit, montée avec beaucoup d’enthousiasme et de bonne volonté, dans une économie de subsistance, n’aurait tout simplement pas pu avoir lieu sans le soutien de la Sacem, que nous remercions du fond du cœur.
Les Mains d’Orlac, de Robert Wiene (Allemagne, 1924)
Scénario de Ludwig Nerz, d'après la nouvelle éponyme de Maurice Renard
Avec Conrad Veidt, Fritz Kortner, Carmen Cartellieri, Alexandra Sorina
Le pianiste Orlac perd ses deux mains dans un accident de chemin de fer. Un chirurgien lui en greffe de nouvelles, prélevées sur un assassin qu'on vient d'exécuter. Mais Orlac constate que les mains sont toujours celles du criminel : quand il écrit, c'est l'écriture du mort qu'il a devant les yeux. Il ne peut plus jouer et se sent irrésistiblement attiré par le crime...
Grand film expressionniste et frissons garantis !
Accompagnement musical : Jacques Cambra (piano)
Traduction et lecture des intertitres : Mireille Beaulieu
Le Signe de Zorro, de Fred Niblo (Etats-Unis, 1920)
Avec Douglas Fairbanks, Marguerite de la Motte, Robert Kim, Noah Beery
Dans la Californie du Sud, encore sous domination espagnole, un homme masqué connu sous le nom de Zorro protège les pauvres, les opprimés et la minorité indienne. Alors que le cruel capitaine Ramon courtise la jeune Lolita, le notable Don Diego de la Vega tente de séduire la jeune fille.
La première adaptation au cinéma du héros de Johnston McCulley, permet de définir de nombreux codes visuels et narratifs, qui seront maintes fois repris dans les films de cape et d’épée. L'un des meilleurs rôles de Douglas Fairbanks.
Accompagnement musical : Mauro Cocceano (piano, percussions
Traduction et lecture des intertitres : Mireille Beaulieu
Charley Chase Follies, un programme de 4 courts-métrages burlesques avec le génial et méconnu Charley Chase, mis en scène par Leo Mac Carey (Etats-Unis, 1925-26)
A visage découvert (Mighty like a moose)
Métier de chien (Dog Shy)
Charley rate son mariage (His Wooden Wedding)
Une soirée de folie (What Price Goofy ?)
Accompagnement musical : Fred Lomero (guitare), Nicolas Karinsky (basse)
L’effet d’un rayon de soleil sur Paris par un beau dimanche, de Jean Gourguet (France, 1928)
Avec Georges Péclet, Mona Goya, Jean Villette, Valliery
Un dimanche ensoleillé de l'été 1928, tous les Parisiens ont décidé de prendre du bon temps. Une jeune femme, accompagnée d'un de ses soupirants, se rend en automobile sur les bords de la Marne.
Balade poétique et intrigues amoureuses dans un Paris ensoleillé et sur des bords de Marne méconnaissables.
Accompagnement musical : Jacques Cambra (piano), Pascal Manganaro (batterie)
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| La Terre, d'Alexandre Dovjenko |

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dimanche 26 juin 2005
Ce film muet réalisé en 1930 fut couronné comme l’un des douze meilleurs films du monde à Bruxelles, en 1958, par un jury composé de critiques du monde entier.
« J’ai voulu, dit le réalisateur, montrer l’état d’un village ukrainien en 1929, c’est à dire à un moment où se produisaient des transformations économiques, et aussi celles de la mentalité des masses. »
Le film était présenté et accompagné au piano par Jacques Cambra.
>>> En savoir +
La Terre(Zemlja)
Alexandre Dovjenko
U.R.S.S., 1930, N&B, 1h 03.
Scénario : A. Dovjenko.
Photo : D. Demoutzki.
Décors : V. Kritchevski.
Musique : L. Revoutski.
Montage : A. Dovjenko.
Production : VUFKU.
Interprètes : Stepan Chkourat, Semen Svachenko, Petr Masokha, Youlia Solntseva, Elena Maksimova …
Un jeune organisateur, secrétaire d’un kolkhoze, est tué par un « koulak » (gros propriétaire foncier). Il est pleuré par sa fiancée. Un aïeul va mourir en souriant sur un tas de pommes. Sa famille se désole, mais ce sont les « koulaks » qui pleurent, parce qu’un meeting se tient pour fonder un kolkhoze. Un tracteur arrive dans la plaine, annonceur d’un monde nouveau. Mais l’eau manque dans le radiateur, et les paysans comme le conducteur se servent de leur urine pour que l’engin puisse redémarrer. Il y aura aussi des moissons et de belles moissonneuses, une idylle aux champs, un nouveau meurtre, des danses, une chasse au pope, une grande cérémonie sur une tombe, la folie d’un meurtrier, et la pluie tombant sur les pommes et les pastèques alors que le soleil vient les illuminer… Ce n’est pas le résumé du film, mais les images fulgurantes que nous propose Alexandre Dovjenko dans La Terre, un film muet de 1930 et qui fut couronné comme l’un des douze meilleurs films du monde à Bruxelles, en 1958, par un jury composé de critiques du monde entier, en compagnie, entre autres, de La Ruée vers l’Or, du Cuirassé Potemkine et de La Mère, du même Dovjenko ! « J’ai voulu, dit-il, montrer l’état d’un village ukrainien en 1929, c’est à dire à un moment où se produisaient des transformations économiques, et aussi celles de la mentalité des masses. »
Source : Institut Jean Vigo
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| Le Maître du logis, de Carl T. Dreyer (1925) |

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Dimanche 25 septembre 2005
Vicktor se comporte en véritable tyran avec sa jeune femme Ida, qu'il traite en esclave. Malade, Ida part se reposer à la campagne a l'insu de son mari et c'est Mads, la vieille nourrice de Viktor, qui s'installe en maîtresse dans l'appartement. Viktor, devant l'autorité de la vieille femme, va peu à peu comprendre le mal qu'il faisait à la sienne....
Accompagnement musical : "carte blanche à Roch Havet"
Roch Havet, piano
Guillaume Dutrieux, trompette & machines
Booster, guitare & machines
"Le Maître du logis" est un exemple parfait de « grande architecture » où la technique et le sujet humain sont en pleine harmonie...
>>> En savoir +
... C’est un des rares films tournés en état de grâce dans lequel les éléments se correspondent merveilleusement. Les personnages sont en symbiose avec leur cadre et les mouvements de caméra correspondent exactement aux nécessités de l’action. Le moindre détail est calculé, de manière à se fondre avec l’ensemble, ainsi la banalité quotidienne, qui constitue la vie de milliers de citadins habitant la grande ville, se trouve sublimée et crée un milieu en accord avec les personnages, exprimant leur vérité intérieure. » (Jean Tulard in « Guide des films », Bouquins)
Fiche technique
Le Maître du Logis
de Carl Theodor Dreyer (1925)
Scénario : Carl Th. Dreyer & Sven Falund d’après sa pièce «Tyrannens Fald»
Interprétation : Johannes Meyer, Astrid Holm, Karin Nellmose, Mathilde Nielsen Mads, Clara Schönfeld
A propos du "Maître du logis" et de Carl Dreyer
"Dreyer aurait voulu tourner son film dans un appartement petit-bourgeois de deux pièces. Faute de pouvoir le faire, il le fit reconstruire en studio, poussant le réalisme jusqu’à y installer le gaz, l’eau et l’électricité. Mis à part quelques échappées dans les rues de Copenhague, ce drame domestique se déroule dans cet obsédant huis-clos. Le canari dans sa cage, le balancier d’une pendule et jusqu’au coin où l’on met le petit garçon prennent ainsi une présence bientôt symbolique, et l’on peut penser que le réalisateur, qui avait tourné précédemment deux films à Berlin, transposa dans son style propre les leçons du Kammerspiel. Les dialogues tiennent comme ensuite dans Jeanne d’Arc une place importante, sans que ces sous-titres soient lassants. L’analyse psychologique y est poussée comme rarement au temps du muet." (Georges Sadoul)
"Carl Theodor Dreyer cultivait des vertus bourgeoises : son foyer était décoré dans un goût pur et simple comparé à la mode de son temps et de la classe moyenne ; son apparence aussi était différente : réservée et polie, toute son existence fut en accord avec les lois et horaires. Carl Theodor Dreyer offrait chaque samedi un demi-mètre de chocolat dans un bel emballage populaire… comme cadeau à sa femme. Il régnait sur sa maison : droit, juste, avec amour. Dans son salon une seule image : une grande reproduction d’une madone avec enfant dans une exécution qui fait penser à une illustration de revue féminine. Il lisait studieusement ces revues et découpait des images pour les classer dans ses imposantes archives. Il traitait ces images avec une attention quasi religieuse et un regard plein d’amour comme s’il s’était agi d’œuvres d’art. Carl Theodor Dreyer était un homme modeste comme son foyer et, plus tard, sa tombe. Carl Theodor Dreyer a possédé la pureté du cœur et l’humilité naturelle d’un homme passionné. La passion de Carl Theodor Dreyer était le FILM."
(Lars von Trier)
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| Le Bonheur, d'Alexandre Medvedkine |

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Dimanche 23 octobre 2005
Du tsarisme aux kolkhozes, l'histoire d'un moujik à la Charlot, à la recherche du bonheur...
Le film, l'un des derniers films muets tournés en Union Soviétique, était accompagné en ciné-concert. Musique originale de Mauro Coceano (commande Arte/Festival d’Anères), interprétée par Sophie Amiard (piano, clavier, objets sonores), Mauro Coceano (accordéon, guitare, percussions), Julien Gaben (alto, mandoline), Juan Soubidet (contrebasse), Aurélie Pichon (clarinette & clarinette basse).
>>> En savoir +
Le Bonheur (URSS, 1934)
Un film muet d'Alexandre Medvedkine
avec Piotr Zinoview, Elena Egorova et Lidia Nevacheva
Un paysan naïf à la recherche du bonheur finit par le trouver, après bien des vicissitudes, en rejoignant un kolkhoze.
Film muet mythique, au ton comique chaplinesque, "Le Bonheur" a été salué lors de sa sortie par les plus grands maîtres. Sergueï Mikhailovitch Eisenstein en parle avec un enthousiasme peu commun : " voilà donc, non seulement une oeuvre exceptionnelle, mais un auteur exceptionnel " - écrit-il en 1936.
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| Le Mensonge de Nina Petrovna |


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Dimanche 27 novembre 2005
"Le Mensonge de Nina Petrovna", de Hanns Schwarz (1929), était accompagné en ciné-concert par Roch Havet (piano) et Booster (guitare et machines).
Saint-Petersbourg avant la guerre. Un jeune aspirant, Michel Sillieff, s’éprend de la maîtresse de son colonel. Celle-ci n’est pas insensible à la grande jeunesse de Michel et, un soir, dans un restaurant à la mode, rencontrant l’aspirant, elle lui fait signe de la main. Le colonel s’inquiète : « Qui est ce jeune homme », demande-t-il ? « Un ami d’enfance». Ce mensonge de Nina Petrovna sera la cause de tout un drame d’une intensité dramatique bouleversante.
Avec Brigitte Helm (Nina Petrovna), Franz Lederer (Michael Rostof), Warwick Ward (Beranoff), Lya Jan, Harry Hardt, Ekkehard Arendt.
>>> En savoir +
L’Allemagne ayant laissé partir Murnau, Dupont, Lubitsch, Leni, quatre de ses meilleurs réalisateurs, a dû chercher à les remplacer. Et c’est ainsi que Joë May et Hanns Schwartz se révélèrent d’abord avec un film réalisé en commun : Les Fugitifs, puis ensuite, chacun volant de ses propres ailes, l’un avec Le Chant du prisonnier, Asphalte ; l’autre avec Rhapsodie hongroise et Le Mensonge de Nina Petrovna. Quatre films qui compteront dans la production allemande de l’année. Comme Asphalte, Le Mensonge de Nina Petrovna est une aventure classique, mais il n’est d’aventures classiques qu’un grand talent n’arrive à renouveler. (...) Très belle, émouvante, troublante comme seule sait l’être l’étrange Greta Garbo, Brigitte Helm joue avec les sens des spectateurs. (Cinémagazine, septembre 1929)
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Dimanche 29 janvier 2006
Etudes sur Paris, d’André Sauvage (1928)
Dans ce film muet composé de cinq études, le cinéaste fait le tour des différents quartiers de la ville, offrant un document passionnant sur le Paris de la fin des années 20. Ce film visuellement magnifique, alliant poésie et quotidien, valut à André Sauvage l'admiration de Jean Renoir et de Jean Vigo.
Le film était accompagné au piano solo par Benjamin Moussay.
>>> En savoir +
ETUDES SUR PARIS
Ce film, ponctué par de nombreux cartons indiquant les noms des lieux filmés, est composé de cinq études intitulées :
- Paris-Port
- Nord-Sud
- Petite ceinture
- Les Iles de Paris
- De la Tour Saint-Jacques à la Montagne
Sainte-Geneviève
Sont filmés dans "Paris-Port" :
- l'Ile Saint-Denis
- les écluses de la Briche et du Pont de
Flandres, franchies par des péniches
- le Bassin de La Villette (19e)
- les berges de la Seine
- le canal Saint-Martin, jusqu'à la
colonne de la Bastille
- le Pont Morland (12e)
- l'Ile Saint-Louis (4e) et ses badauds
- les quais de la Seine, ses pêcheurs,
ses bouquinistes et ses clochards
- le zouave du Pont de l'Alma.
Sont filmés des gens au travail,
notamment des lavandières et des
dockers.
Sont filmées dans "Nord-Sud" de
nombreuses scènes de rues et de vie
quotidienne dans les quartiers suivants:
- la Porte de Versailles avec son marché
aux chevaux
- Montparnasse (14e)
- Saint-Germain-des-Prés (6e)
- la Concorde (8e)
- la Madeleine et l'Opéra (2e)
- le Pont Saint-Lazare (8e)
- Montmartre (18e)
- la rue Lepic (18e) et ses commerçants.
Cette étude comprend de nombreuses
vues aériennes de la capitale,notamment,
des images prises de la Tour Eiffel
(7e).
Dans "Iles de Paris" figurent des
images plutôt insouciantes de pêcheurs,
d'amoureux et de jeux d'enfants dans les
lieux suivants :
- l'Ile Saint-Louis, et notamment la rue
Saint-Louis en l'Ile (4e)
- les quais d'Anjou et de Bourbon (4e)
- l'Ile de la Cité (4e)
- le quai aux fleurs (4e)
- la Place Dauphine (1er)
- l'église Notre-Dame de Paris (4e)
longuement filmée
- le square du Vert-Galant (1er)
- l'Ile des Cygnes (15e)
Dans "Petite ceinture", le réalisateur
suit le trajet d'un train tout le long
de la petite ceinture qui entoure Paris.
Sont filmés :
- plusieurs portes de Paris : Plaisance,
(14e), La Chapelle (18e), Maillot (17e)
- le Parc Montsouris et la Cité univer-
sitaire (14e)
- la Piscine des Tourelles (19e) et le
Pré-Saint-Gervais (93)
- une usine au Nord, une foire et ses
manèges, des terrains vagues où jouent
des enfants miséreux
- le Bois de Boulogne (16e)
- les différentes gares qui émaillent le
parcours de la voie ferrée.
Dans "De la Tour Saint-Jacques à la
Montagne Sainte-Geneviève", André
Sauvage filme esssentiellement les
monuments de ce quartier prestigieux :
- la Tour Saint-Jacques et la place du
Châtelet (1er)
- la Sainte Chapelle (1er)
- la rue de la Huchette (5e)
- le Collège de France (5e)
- le Panthéon (5)
- l'église Saint-Etienne-du-Mont (5e)
- une bouche de métro
- le jardin du Luxembourg, (6e), ses
nombreuses statues, ses enfants et ses
jardiniers.
Source : Forum des Images
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Dimanche 19 février 2006
Capitaine Fracasse, d’Alberto Cavalcanti (1929)
D’après le célèbre roman de Théophile Gautier. Sorti en salle le 12 février 1929, le film était considéré comme disparu... Une copie été restaurée par Lobster en 2001. Avec Pierre Blanchar, Charles Boyer, Marguerite Moreno...
Le film était accompagné au piano solo par Giovanni Mirabassi.
>>> En savoir +
Capitaine Fracasse
Réalisation : Alberto Cavalcanti
en collaboration avec : Henry Wulschleger
Scénario : Alberto Cavalcanti, Henry Wulschleger
d'après le roman de Théophile Gautier
Image : Pierre Benoit, Paul Portier
Décors : Erik Aès, Alexandre Benois
Interprétation : Pierre Blanchar, Lien Deyers, Charles Boyer, Daniel Mendaille, Marguerite Moreno
Durée : 1 h 29 mn
Année de production : 1929
Synopsis
En Gascogne, dans un manoir délabré, un jeune homme, descendant des Sigognac, ne compte plus sur la fortune. Son destin veut qu'un soir, une troupe de comédiens lui demande l'hospitalité. Une vive sympathie s'établit entre le baron ruiné et les acteurs heureux de leur sort. Sigognac, charmé par l'ingénue Isabelle, décide d'accompagner la troupe sur les grands chemins. Le bandit Agostin les ayant attaqués, Sigognac prouve sa valeur à l'épée, et le Matamore étant mort de frayeur, le baron prend sa place et devient le capitaine Fracasse. Le chariot parvient à Paris où un grand du royaume, le duc de Vallombreuse, remarque Isabelle et tente de s'en emparer par les pires moyens. Non seulement Sigognac sauve l'ingénue, mais il intéresse le roi à son sort. Vallombreuse emprisonné, Sigognac est nommé gouverneur de sa province et Isabelle joue à la baronne dans le château restauré.
Sorti en salle le 12 février 1929, le film était considéré depuis comme disparu... Une copie a été restauré par Lobster en 2001.
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| Le Fantôme de l'Opéra, de Rupert Julian (1925) |

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Dimanche 26 mars 2006
L'action se situe à l'Opéra de Paris dans les années 1880. Quand la principale chanteuse de l'opéra Hannibal manque de se faire tuer (par un fantôme?), on la remplace par Christine Daaé. Cette jeune chanteuse prend des cours avec le mystérieux "Ange de la Musique"... Derrière ce nom se cache en fait le fantôme de l'Opéra, un génie, défiguré et féru de musique qui hante le palais Garnier. Ce compositeur trouve en Christine son inspiration et manipulera tous les acteurs de l'Opéra pour la mettre en valeur. Quand il s'aperçoit que Christine est éprise de Raoul, la fureur s'empare de lui: il leur déclare alors la guerre, kidnappe Christine et envisage le meurtre de Raoul.
Le film, entièrement restauré par Lobster avec des parties en couleur, était présenté et accompagné au piano par Serge Bromberg.
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D'après le roman de Gaston Leroux.
1929 - Etats-Unis
93 min - 35 mm - noir et blanc
Scénario : Elliot J. Clawson, Raymond Schrack
Image : Virgil Miller
Production : Universal Jewel
Interprétation : Lon Chaney (Erick, le fantôme), Mary Philbin (Christine), Norman Kerry (Raoul), Arthur Carewe (Ledoux), Gibson Gowland (Simon), Bernard Siegel (Bernard), John Sainpolis (Philippe)
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| Cyrano de Bergerac, d'Augusto Genina (1923) |

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Dimanche 23 avril 2006
Avec Pierre Magnier, Linda Moglie, Alex Bernard...
Affligé d’un long nez, Cyrano est désespérément amoureux de Roxanne. Mais celle-ci lui préfère le beau Christian, maladroit avec les femmes...
La première adaptation au cinéma de la célèbre pièce de Edmond Rostand créée en 1897.
Une mise en scène tout en mouvement, de remarquables acteurs, et surtout la délicatesse et la splendeur des couleurs peintes au pochoir image par image.
Accompagnement musical : Carte Blanche à Roch Havet
Roch Havet : piano
Guillaume Dutrieux & Booster : guitare, machines
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| Juve contre Fantomas, de Louis Feuillade (1913) |

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Dimanche 30 avril 2006
Ciné-concert exceptionnel, dans le cadre des rendez-vous de l'Enfance de l'Art : "Juve contre Fantomas", deuxième volet des aventures de Fantomas réalisées par Louis Feuillade en 1913. Avec un accueil petit-déjeuner avant le film.
Accompagnement musical : Jacques Cambra (piano) / Aidje Tafial (batterie)
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Juve contre Fantomas, de Louis Feuillade
1913 - 1h - noir et blanc - muet
Avec René Navarre, Edmond Bréon, Georges Melchior
D'après le roman de Pierre Souvestre et Marcel Allain.
Dans ce second volet de l'adaptation par Louis Feuillade de quelques épisodes du fameux Fantomas, l'inspecteur Juve, désespéré d'avoir laissé échapper le célèbre criminel, décide de le poursuivre sans relâche avec l'aide de son ami journaliste Fandor. Déjouant magistralement tous les pièges, Fantomas n'hésite pas à utiliser les moyens les plus atroces pour éliminer ses poursuivants...
Tombé dans l'oubli avec l'arrivée du parlant, malgré les surréalistes qui professaient pour lui la plus vive admiration, Louis Feuillade a commencé à être réhabilité après la seconde guerre mondiale grâce à Henri Langlois, sauveteur de ses films dès 1936, lors de la fondation de la Cinémathèque Française, et à des cinéastes comme Georges Franju, Alain Resnais, François Truffaut, Jean-Luc Godard ou Luis Bunuel. Cet épisode, riche en péripéties, illustre particulièrement la vitesse de narration propre au style de Feuillade.
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| La Chatte des montagnes, d'Ernst Lubitsch (1921) |


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Dimanche 21 mai 2006
Accompagnement musical : carte blanche à Aidje Tafial (batterie)
Réalisation : Ernst Lubitsch
Scénario : Hanns Kräly
Interprétation : Pola Negri, Victor Janson, Paul Heidemann, Wilhelm Diegelmann
Perdu au milieu des montagnes, se trouve un fort militaire dont le commandant est plus préoccupé par les fiançailles de sa fille Lili que par la sécurité de ses hommes. Non loin de l’enceinte, se situe un repaire de brigands, au sein desquels vit Rischka, la fille de leur chef. Le lieutenant Alexis, grand séducteur, est muté dans la forteresse. Sa nouvelle conquête amoureuse ne correspondra pas aux règles de bienséance, mais sera bientôt hors-la-loi.
La Chatte des montagnes représente un des sommets du muet. Lubitsch y démontre son génie, à travers l’utilisation plastique de ses caches, donnant un vrai sentiment de frénésie. Ce dynamisme est aussi à l’œuvre avec sa fameuse règle du trio comique : chaque protagoniste entraîne l’autre dans le cycle de cette farce où la guerre est totalement ridiculisée.
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La Chatte des montagnes d'Ernst Lubitsch est un film phare de l'histoire du cinéma. Il m'a beaucoup marqué et influencé puisque c'est un film axé sur un délire sans limite. C'est un des derniers films allemands de Lubitsch. C'est le seul film qui ancre vraiment la notion de cache. On en trouve dans le cinéma muet, mais ce ne sont que des ouvertures ou des fermetures à l'iris. Là ce sont des caches avec les formes les plus bizarres qui soient et qui évoluent en cours de champ. L'invention est extraordinaire à la fois dans la technique et dans le choix des scènes. (Luc Moullet / source : BIFI)
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| La Nuit du muet.... en musique ! |




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21 juin 2006
Toute une nuit (de folie) de cinéma et de musique avec le meilleur du cinéma muet et les musiciens de l’Orchestre du Balzac
La Fête de la Musique au Balzac !
Accompagnement musical live toute la nuit : carte blanche à Jacques Cambra, Roch Havet et leurs invités
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Un ciné-concert, c’est bien... mais quatre à la suite, toute une nuit, c’est mieux, non ? C’est en tout cas le pari que nous avons tenté pour la deuxième fois le 21 juin, à l’occasion de la Fête de la Musique. Et plus de 200 personnes ont répondu présent, heureuses de fuir l’agitation frénétique qui régnait ce soir-là sur les Champs-Elysées (et partout ailleurs dans Paris).
Le premier film présenté était un inédit de Lubitsch, L’Eventail de Lady Windermere (merveille de subtilité), accompagné par Jacques Cambra et Mauro Coceano. Minuit était l’heure du grand frisson avec le Nosferatu de Murnau, particulièrement mis en valeur par Roch Havet (piano, ordinateur) et Xavier Bornens (trompette). La troisième séance était consacrée à l’inventeur loufoque Charley Bowers, dont nous présentions trois moyens métrages accompagnés par Roch Havet, Booster et les musiciens de la fanfare Mazalda (Stéphane Cézar, mandoline ; Lucas Spirli, accordéon ; Gilles Poizat, bugle ; Julien Lesuisse, saxophone ; Fred Gastard, saxophone). Fin de soirée avec le poétique Paris qui dort, de René Clair. Trois interprètes talentueuses - Mireille Chollet (violoncelle), Sabine Jehanno (flûte) et
Isabelle Poulain (piano) - ont créé pour ce film une sorte de collage musical constitué d’extraits d’œuvres diverses. Vivement applaudies à la fin de leur prestation, elles ont clôturé la nuit en jouant la Pavane de Fauré. La grande classe au petit matin.
Toute la nuit était ponctuée d’intermèdes, de courts métrages et de chansons interprétées par Yannick Le Nagard (très drôles). Beaucoup de jeunes dans la salle, la bonne humeur était de mise et tout le monde était bien réveillé pour le petit-déjeuner à 5 heures !
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| L'Aurore, de F. W. Murnau (1927) |



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Dimanche 25 juin 2006
"Le plus beau film du monde" selon François Truffaut.
Une élégante de la ville a tourné la tête d'un homme marié qui habite la campagne. Elle le convainc de noyer sa femme lors d'une sortie en bateau et de maquiller le meurtre en accident. Au dernier moment, l'homme renonce à ce funeste projet. Mais son épouse, qui a pris peur, s'enfuit en tramway. L'homme la suit, et le couple arrive en ville. Ils découvrent alors le monde fascinant de la grande cité et de ses mirages, et redécouvrent progressivement leur amour.
Musique originale de Mauro Coceano, composée avec le soutien de la Sacem.
Les répétitions ont été menées dans le cadre d’un stage organisé par l’espace 1789 à Saint Ouen et le festival d’Anères
Piano & direction : Mauro Coceano
Chant : Claire Lavandier
Violons : Meg Morlay & Sylvie Hébrard
Clarinette : Philippe Mast et Aurélie Pichon
Alto : Jérôme Eskenazi
Violoncelles : Pat Griffiths et Jean Sébastien Oudin
Contrebasses : Hortense Moutard et Marine Tan-Si
Copie : Les Grands Films Classiques
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L'Aurore, de Friedrich Wilhelm Murnau
Titre original : Sunrise
1927 - Etats-Unis
106 min - 35 mm - noir et blanc - muet
Scénario : Carl Mayer d'après Le Voyage à Tilsitt d'Hermann Sudermann
Image : Charles Rosher, Karl Strauss
Montage : Harold Schuster
Musique : Hugo Riesenfeld
Décors : Rochus Gliese, Edgar G. Ulmer
Production : Fox Film Corporation
Interprétation : George O'Brien (le mari), Janet Gaynor (son épouse), Margaret Livingston (la femme de la ville), Bodil Rosing (la servante), J. Farrel MacDonald (le photographe), Ralph Sipperly (le coiffeur), Jane Winton (la manucure)
L’Aurore de Murnau a été réalisé en 1927. Joyaux du cinéma muet, il est considéré, encore aujourd’hui, comme le plus beau film l’histoire du cinéma. Premier film américain du réalisateur, fort de la réputation de ses films allemands (Nosferatu, Faust, Le dernier des hommes), il bénéficia d’un budget considérable sur L’Aurore et du privilège de choisir lui-même son équipe.
Certaines scènes du film sont devenues de véritables scènes références, tant au niveau de la mise en scène que des effets spéciaux. En effet, L’Aurore révolutionna l’utilisation des effets spéciaux, notamment lors de la scène en ville où les deux amoureux enlacés traversent la rue au milieu des voitures : le paysage derrière eux se transforme peu à peu pour devenir un paysage de campagne, symbolisant la passion de deux êtres exceptionnels sur qui l’environnement bruyant de la ville n’avait pas d’emprise.
Film lyrique sur l’amour et la mort, L’Aurore crée un ballet de mouvement et de lumière, et influencera les plus grands cinéastes : Orson Welles ou encore John Ford. Il remporta 3 Oscar dont celui du meilleur film lors de la première cérémonie des Oscar.
Ce chant de l'homme et de la femme est de partout et de nulle part : vous pourriez l'entendre n'importe où, n'importe quand. Car en quelque lieu que le soleil se lève et se couche dans l'agitation de la ville ou sous le ciel de la ferme, la vie est toujours la même : parfois amère, parfois douce, larmes et rires, pêché et pardon.
Lotte Eisner
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| La Rue sans joie, de G. W. Pabst (1925) |

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Dimanche 22 octobre 2006
Les destinées de deux femmes, à Vienne en 1920. La première, une fille entretenue qui a commis un crime d’amour pour un homme d’affaires sans scrupules, finira sur le trottoir. La seconde, fille d’un fonctionnaire ruiné, échappera à la prostitution grâce à l’amour qu’elle trouve auprès d’un jeune américain œuvrant pour la Croix Rouge.
Ce chef-d'oeuvre de Pabst, avec Asta Nielsen et Greta Garbo, était accompagné au piano par Jacques Cambra.
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Fiche technique
LA RUE SANS JOIE (Die freudlose Gasse)
1925
1h37
Réalisation : Georg Wilhelm Pabst
Scénario : Willy Hass
Image : Guido Seeber, Curt Oertel
Décors : Hans Sohnle, Otto Erdmann
Interprétation : Greta Garbo, Asta Nielsen, Werner Krauss, Robert Garrison, Valeska Gert
Synopsis
Vienne, au lendemain de la défaite de 1918, est en proie au spectre de l'inflation et de la débauche. Dans la maison de passe de la Greifer, rue Melchior, se retrouvent le soir les riches financiers ; tout près de là, une boucherie tenue par un margoulin sans scrupules, devant laquelle font queue les déshérités. Dans ce décor sans joie vient échouer la famille du conseiller Rumfort, qui s'est ruiné à la suite de spéculations boursières : sa fille aînée, Greta, fait de son mieux pour subvenir aux besoins des siens sans se laisser aller aux sollicitations de la rue. Une compagne de détresse, Marie, lui donne l'exemple de la déchéance : amoureuse d'un affairiste, elle va jusqu'à commettre un meurtre avant de se dénoncer à la police. La révolte gronde contre la double exploitation de la tenancière et du boucher. Greta, acculée au désespoir, est sur le point de se prostituer ; elle est sauvée in extremis grâce à un lieutenant de la Croix-Rouge qui est tombé amoureux d'elle.
Bio-filmographie de G.W. Pabst
Georg Wilhelm Pabst naît à Radnitz, en Bohême, le 25 août 1885. D'abord comédien, en Suisse puis à Berlin, il séjourne aux États-Unis jusqu'en 1919. En 1920, tout en continuant à travailler pour le théâtre.
Il fonde, avec Carl Froelich une maison de production, dans laquelle il débute comme réalisateur en 1923. Ses grands succès au cinéma sont La Rue sans joie (1925) avec Greta Garbo, Les Mystères d’une âme (1926), L’Amour de Jeanne Ney (1927) et Loulou (1929) (avec Louise Brooks), films profondément réalistes influencés par la psychanalyse (alors peu connue hors d'Allemagne) et qui abordent avec franchise les problèmes de la sexualité.
Puis, au début du parlant, deux exhortations à l'amitié franco-allemande : Quatre de l’infanterie (1930) et La Tragédie de la mine (1931), encadrant le célèbre Opéra de quat’sous d'après Bertold Brecht, avec une musique de Kurt Weill. Il ne rompt pas avec le régime, comme le font la plupart de ses collègues.
Après guerre, Pabst s'efforce d'exorciser les démons du nazisme, avec notamment Le Procès (1948) et La Fin d’Hitler (1955). Il cesse de tourner en 1956 et meurt, presque oublié, le 29 mai 1967 à Vienne (Autriche).
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| Sherlock Junior, de Buster Keaton (1924) |





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Dimanche 26 novembre, 11h
"Sherlock Junior, tourné en 1924, est sans doute le film burlesque le plus étrange et le plus profond de Buster KEATON : un jeune homme (KEATON), à la fois projectionniste et ouvreur dans une petite salle de cinéma de quartier, est chassé de la maison de sa fiancée. Inconsolable, il retourne à sa cabine de projection où il s'assoupit. Durant son sommeil, il rêve que les personnages glamoureux et le mélodrame qui se jouent sur l'écran deviennent les personnages et le drame de sa propre vie. Il remonte alors d'un pas décidé l'allée centrale de la salle, pénètre dans l'écran, et apparaît dans le "film à l'intérieur du film", sous l'identité de Sherlock Junior, le grand détective...
Accompagnement musical en direct : CINE X'TET/ Bruno REGNIER
Pour accompagner ce voyage entre rêve et réalité, huit musiciens jouent en direct la musique composée par Bruno REGNIER et se livrent au plaisir de l'improvisation.
En lieu et place du pianiste traditionnel, voici un octet où se croisent les cordes, les cuivres et les anches dans une dimension toujours très acoustique, alliant jazz et musique de chambre.
Le film était précédé du court métrage : THE PLAYHOUSE (Buster Keaton, 1921, 22')
Une représentation théâtrale où Buster Keaton joue la plupart des personnages, des spectateurs et des acteurs...
>>> En savoir +
Cette musique intimiste met en valeur chacun des musiciens pour des numéros de duettiste avec ce merveilleux soliste qu'est Buster. Blues, valse et solos très libres se mêlent, dans une écriture pleine d'humour, toujours au service de l'image : "une mise en couleurs poétique d'un chef d'œuvre burlesque".
Un retour au bonheur des films noirs et blancs, aux histoires sans parole, avec la magie du jazz.
Avec : Buster Keaton, Bartine Burkett, Al St John
Durée : 45 mn
Les Musiciens
Alain VAN KENHOVE (trompette et bugle), Jean-Louis POMMIER ou Mathias MAHLER(trombone), Vincent BOISSEAU & Olivier THEMINES (clarinettes), Rémi DUMOULIN (saxophone ténor et clarinette), Jean-Baptiste REHAULT (saxophones), Pierre DURAND (guitare), Frédéric CHIFFOLEAU (contrebasse), Bruno REGNIER (composition et direction).
Jazz à tout va et la compagnie "A suivre..."/ Bruno Regnier sont portées par le Conseil Régional du Centre et aidées par le Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Centre au titre de l’aide aux ensembles conventionnés.
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| Charley Chase Follies, de Leo Mc Carey (1926) |

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Dimanche 17 décembre
Un programme de quatre courts métrages burlesques réalisés par Leo McCarey, avec Charley Chase : A visage découvert (1926), Métier de chien (1926), Charley rate son mariage (1925) et Une soirée de folie (1925).
Charley Chase est un comique américain trop tôt oublié, parce qu'il est mort jeune. Il avait débuté avec Mack Sennett et Charlie Chaplin, puis fut engagé par Hal Roach, le producteur des films d'Harold Lloyd et Laurel & Hardy, qui confiera à Léo Mc Carey le soin de le mettre en scène. C'est ainsi que naîtra le personnage de "Jimmy Jump" qui rappelle irrésistiblement celui de notre Max Linder : élégant, fringant, la moustache bien cirée et un côté séducteur assez hypocrite. Les quatre petits films que nous vous présentons en ciné-concert sont un véritable bonheur, et le premier A visage découvert fut longtemps considéré par la critique comme l'un des meilleurs de tout le cinéma burlesque. Redécouvrir aujourd'hui ces films qu'on croyait à jamais disparus est un vrai régal pour les cinéphiles. Des gags qui n'ont pas pris une ride. Désopilant !
Accompagnement musical : carte blanche au guitariste Fred Loméro, avec Vic (guitare) et Christophe Ricard (contrebasse).
>>> En savoir +
A quoi reconnaît-on un acteur burlesque ? Peut-être à ce délit : ce serait un acteur, un corps, qui vole au metteur en scène une part insondable de sa mise en scène ; qui, par l’action de sa seule présence, de ses seuls gestes, deviendrait auteur à part entière du film, en tant qu’il est auteur de ses actes et tortille l’espace, module le récit, charge l’écran de déterminations morales invisibles qui lui sont propres. Un différentiel animé qui perturbe l’ordonnancement de l’écran, qui descend dans le film, comme la forme dans la matière, charriant une Idée qui n’appartient qu’à lui. C’est un corps extraordinaire, forcément idéaliste, au sens classique du terme ; paradoxalement idéaliste, puisqu’il n’existe qu’en actes et en gags. A quoi ressemblerait un acteur burlesque ordinaire ? A Charley Chase, à l’oeuvre dans quatre films de Leo McCarey de sortie ce mois-ci : Charley rate son mariage (1925), Une Soirée de folie (1925), A visage découvert (1926, le meilleur du lot), Métier de chien (1926). Charley Chase, membre de l’écurie Hal Roach un peu oublié, mort jeune, en 1940, possède un type (playboy plus ou moins de la haute) qui semble fabriqué pour contrebalancer son aspect passe-partout.
Un homme ordinaire, ce serait donc le contraste clamé avec l’extrême droiture tordue de Keaton, les fesses remuantes de Chaplin, les rondeurs de Fatty ou Hardy, la féminité de Laurel. Ni tout à fait aristocrate comme Linder, ni tout à fait mathématicien comme Lloyd, Charley Chase est l’homme des foules. Alors il aspire à se retirer des masses, à filer vers l’anormalité, la grimace, l’accident anatomique : jambe de bois, gueule cassée, dents de lapin. Il se rêve en héros burlesque, comme le narrateur au début de L’Amour l’après-midi de Rohmer se croit extrait du cours du monde, "écumeur solitaire", quand l’image nous le montre petit point parmi d’autres. Chase est le songe d’une ombre, ou l’inverse, en tout cas quelqu’un dont le drame -et la puissance comique- naît de son incapacité à rejoindre le désordre divin des choses burlesques. Il est pure puissance de désir : désir de séduire les femmes, mais aussi désir de se tordre et d’accéder à un régime corporel relevant de l’extraordinaire. Sa manière un peu archaïque d’interpeller le rire du spectateur, par ses regards louches, ses pauses, ses figements, n’est pas autre chose que l’aveu interdit d’une impuissance. Comme un élégant des campagnes venu se frotter au roulement de la ville et pris de vitesse par lui. Moralement proche de la page blanche, type difficile à cerner précisément, Chase ne s’exprime que dans les pliures de l’espace que lui offre la mise en scène de McCarey. Chacun de ses gestes les vise, comme s’il avait conscience qu’il y a là, dans ces gouffres, la promesse miraculeuse de se sortir de l’indifférence, de l’ordinaire. On ne l’aimera qu’à la condition de sentir son désir incommensurable de réconfort.
(Source : Jean-Philippe Tessé in www.chronicart.com)
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| Les Larmes du clown, de Victor Sjöström (1924) |

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Dimanche 28 janvier
Un brillant scientifique est trahi par son ami qui lui vole le fruit de ses recherches et les présente à sa place à l’Académie des sciences. Comme le scientifique s’insurge, l’imposteur le fait passer pour fou et le gifle devant les académiciens hilares. Alors, riant aux larmes, pour survivre à la fracassante douleur, il devient sous un chapiteau « le clown qui reçoit des gifles ».
Avec Lon Chaney, Norma Shearer, John Gilbert
Accompagnement musical :
Jacques Didonato : clarinette
Gael Mevel : piano, bandonéon
Thierry Waziniak : percussions
>>> En savoir +
En ces temps de décibels en folie où la bande-son envahit l’espace urbain et tonitrue, un film d’exception, accompagné en direct par des musiciens d’exception, est événement trop rare pour s’en priver. Les Larmes du clown de Victor Sjöström, film suédois des années 20, est une belle histoire d’amour et de trahison, saupoudrée de poésie, d’humour et d’une rare beauté esthétique. On y voit un brillant scientifique trahi par sa femme et son ami qui lui vole le fruit de ses recherches et les présente à sa place à l’Académie des sciences. Comme il s’insurge, l’imposteur le fait passer pour fou et le gifle. Les académiciens s’esclaffent. Alors, riant aux larmes, pour survivre à la fracassante douleur, il devient sous un chapiteau « le clown qui reçoit des gifles ».
Sur scène, Jacques Didonato, clarinettiste, compositeur qui possède une voix vibrante, Gaël Mevel, pianiste, compositeur dont l’art vogue aux frontières d’une musique contemporaine et l’improvisation de jazz, Thierry Waziniak, batteur percussionniste à l’inventivité lyrique. « Pour nous, accompagner ce film – expliquent les musiciens dont la palette sonore se teinte de nostalgie – c’est traverser la richesse des sentiments humains qui font la grandeur du film. » On reste ému et bouleversé. (© Théâtre de Sartrouville)
Premier film américain de Victor Sjöström, "Les larmes du clown" ne représente pas un compromis entre des prétentions commerciales et des prétentions artistiques : il s’agit d’un film purement commercial, réalisé par un immense artiste, un chef-d’oeuvre tant par la façon de mener la narration que par le travail de la lumière ou encore la distribution exceptionnelle. Pour la petite histoire, ce film est le premier à être entièrement produit, dès le tournage, par la MGM et donc le premier à faire apparaître le fameux lion, ici aphone, qui deviendra l’emblème de la firme... ((© Festival d'Anères)
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| "Kid Auto Races at Venice" et "Le Cameraman" |


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Dimanche 25 février
Voir ou revoir les grands burlesques de Buster Keaton
et les premiers courts métrages de Chaplin (période Keystone) accompagnés en direct par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel au CNSMDP.
Deux films au programme :
Kid Auto Races at Venice, de Henry Lehrman
Le Cameraman, de Buster Keaton
Accompagnement musical : Eri Kozaki (piano solo)
>>> En savoir +
Kid Auto Races at Venice, de Henry Lehrman (1914, 11')
Charlie, habillé en clochard pour la première fois, se rend à une course de baby-cart à Venice en Californie. Il va causer bien des soucis aux participants et aux organisateurs.
C'est la première apparition du personnage de Charlot à l'écran
Le Cameraman, d'Edward Sedwick
Etats-Unis - 1928 - 1h06 - noir et blanc - muet
Avec Buster Keaton, Marceline Day...
Les débuts de Shannon comme reporter d'une compagnie d'actualités cinématographiques sont désastreux. Encouragé par Sally, la secrétaire de la compagnie, il s'impose en filmant une émeute dans le quartier chinois...
Dernier "grand" film de Keaton. Des gags fabuleux font du "Cameraman" le film le plus drôle de Keaton. (Jean Tulard)
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| Les Rapaces, d'Erich von Stroheim (1925) |



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Dimanche 4 mars
L'un des plus grands films de l'histoire du muet, "Les Rapaces", d'Erich von Stroheim, est mis en musique par le collectif "Inouï" qui, depuis sa création en 1990, poursuit résolument son objectif : promouvoir les musiques nouvelles originales.
Un ciné-concert exceptionnel, présenté en soirée au Balzac, avec :
Guigou Chenevier : percussions batterie
Guillaume Saurel : Violoncelle
Nicolas Chatenoud : guitare basse
Fred Giuliani : samples
Emmanuel Gilot : création sonore
>>> En savoir +
Un projet de création musicale du collectif Inouï sur "Greed" (Les Rapaces), film muet d’Erich Von Stroheim (1925).
LE FILM
Scénario : d’après le roman “Mac Teague” de Frank Norris (1899)
Réalisation : Erich Von Stroheim
Producteur : Irving Thalberg
Gibson Gowlan : Mac Teague
Zazu Pits : Trina
Jean Hersholt : Marcus
Synopsis
Au début du siècle, le fruste et parfois violent Mac Teague (Gibson Gowland) qui travaille dans les mines d'or de Californie, part avec un dentiste charlatan pour apprendre le métier, poussé par sa mère. A San Francisco, une fois installé à son propre compte, il rencontre par l'intermédiaire de son ami Marcus (Jean Hersholt) la timide Trina (Zasu Pitts), petite amie de ce dernier. Il en tombe amoureux et Marcus s'efface. Mac Teague épouse Trina qui, peu de temps après, apprend qu'elle a gagné 5000 dollars grâce à un billet de loterie acheté du temps où elle était encore avec Marcus… Commence alors une vraie descente aux enfers… Obsédée par son argent dont elle refuse de dépenser le moindre cent, elle sombre dans l'avarice tandis que Marcus, jaloux, cherche à se venger et à récupérer l'argent qu'il estime être le sien… Trina (qui continue à cacher son magot) et Mac Teague tombent dans la misère et deviennent de vraies épaves…
Le drame est inévitable…
ERICH VON STROHEIM
La biographie d'Erich von Stroheim constitua longtemps un mystère, entretenu par lui-même. Il prétendait s'appeler Erich Oswald Hans Carl Marie Stroheim von Nordenwall, fils d'un colonel au 6ème régiment de Dragons et d'une dame de compagnie d'Elisabeth d'Autriche. En réalité, son père était un modeste fabricant de chapeaux de paille et de feutre, et sa mère une simple bourgeoise israélite. Aucun d'eux n'était d'ascendance noble. Seule, la date de naissance est exacte. C'est lors de son exil aux Etats-Unis, vers 1908, que Stroheim décida de se forger une "légende", maintenue vivace jusqu'à sa mort, survenue en sa propriété de Maurepas, en France, le 12 mai 1957.
En 1914, Stroheim s'introduit à Hollywood, alors en pleine expansion, d'abord comme cascadeur, puis figurant. Sa silhouette de "Boche" cruel, au crâne rasé, au port altier et au sourire méprisant, sera vite fameuse. On le baptisera "l'homme que vous aimeriez haïr". Mais en même temps, il découvre les prestiges de la mise en scène, auprès d'un maître : David Wark Griffith. Il travaillera également avec John Emerson, Allan Dwan et George Fitzmaurice. Son premier film en tant que réalisateur sera, en 1919, Blind Husbands. Jusqu'en 1928, il tournera des films de plus en plus coûteux, où s'exprimera librement son goût de la démesure psychologique, de la violence érotique et du baroque décoratif. Son chef-d'oeuvre sera, en 1923, Les Rapaces, qu'André Bazin a qualifié de "seul film d'imagination où le cinéma ait osé le réalisme intégral". Mais cette prodigalité et ces audaces lui vaudront bientôt d'être mis sur la "liste noire" par les producteurs, notamment le tout-puissant Irving Thalberg.
Après avoir été le prince prodigue du cinéma américain muet, Stroheim va devenir, au parlant,une sorte de spectre qui devra se résoudre à hanter les films des autres. Cette seconde carrière d'acteur ne sera d'ailleurs pas négligeable, surtout en France où on le verra beaucoup entre 1936 et 1939 puis au lendemain de la guerre. Un rôle au moins sera digne de son passé : celui du capitaine von Rauffenstein dans La grande illusion de Jean Renoir.
LA MUSIQUE
Le Collectif Inouï compose des musiques inclassables, hors des chapelles du jazz, de la musique contemporaine ou du fourre-tout des musiques actuelles. Leur création sur Les Rapaces d’Erich Von Stroheim amplifie la démesure du film et en souligne la modernité. Les 4 musiciens du Collectif Inouï s’autorisent toutes les libertés musicales pour servir « Les Rapaces » : rythmes acérés, mélodies à la Morricone, bruitismes réalistes ou décalés, séquences minimalistes…Leur partition revisite ce chef d’œuvre du cinéma muet qui donne à voir toute la noirceur de l’âme humaine.
LE COLLECTIF INOUI
Depuis sa création en août 1990, Inouï Productions poursuit résolument son objectif qui est de promouvoir les musiques nouvelles originales. Au cours de ces années, l’association a établi des liens sérieux avec de nombreux artistes créant ainsi un collectif transdisciplinaire où les formes artistiques se croisent et se décloisonnent.
Le Collectif Inouï entend développer et mutualiser les expériences de ce groupe d’artistes dans leur volonté commune d’essayer d’inventer un langage original…un langage inclassable, entre écritures contemporaines, recherche pure et improvisations.
Depuis 2001, dans le cadre de ses projets Musique et Cinéma, Inouï Productions présente 2 ciné-concerts : Nanouk L’esquimau sur le documentaire de R .J. Flaherty (1922) avec G. Chenevier. The Unknown sur le film de Tod Browning (1927) avec G Chenevier, G. Saurel et N. Chatenoud.
Ces créations musicales, bien plus qu’un simple fond musical, font de la musique un acteur à part entière de l’action qui déroule sur la toile…
LES MUSICIENS
Guigou Chenevier
Percussionniste multicarte et compositeur, il a joué dans le groupe de rock hors- normes Etron Fou Leloublan. Il est l’un des musiciens-compositeurs du groupe Volapük .Il a mené le chantier musical Les Figures. Il travaille régulièrement pour le théâtre : avec la Nième Compagnie, avec la compagnie Mises en Scène, et avec le comédien Christian Mazucchini, il crée L’Esprit Fumiste. Il a aussi été comédien-musicien dans la Compagnie de théâtre de rue Délices Dada. Il a créé le duo Body Parts avec Nick Didkovsky et Les Batteries avec Rick Brown. Avec Le Collectif Inouï, il compose et joue des musiques originales sur films muets The Unknown de Tod Browning (1927) depuis 2002 et depuis janvier 2006 Les Rapaces de Erich von Stroheim (1925). Il compose également en solo la musique sur le film Nanouk l’esquimau de R.J. Flaherty. En 2003/04, il a crée Musiques Minuscules, solo minimaliste d’appartement et Le Miroir et Le Marteau, télescopage entre musiciens amateurs et professionnels.En 2005, il crée Le Troupeau Aveugle un spectacle Musique/Lecture/Image sur l’œuvre de John Brunner (1972).Guigou Chenevier a enregistré une quarantaine d’album dont le dernier Pièces musicales avec vues regroupe les musiques des spectacles suivants : Distanze installation sonore sur les toiles du peintre Enrico Lombardi, Psychiatrie Déconniatrie de Christian Mazzuchini sur les textes de Serge Valletti et de François Tosquelles et de Cairn d’ Agnès Régolo d’après Enzo Cormann.
Guillaume Saurel
Violoncelliste de formation classique, mais dérivant volontiers, il a joué dans le spectacle de Maguy Marin Et qu’est-ce que ça me fait à moi ? Il crée le groupe Rien et a joué avec Michèle Bernard dans Des nuits noires de monde. Il participe à la création du groupe Volapük. Il joue dans Les rumeurs de la ville de Guigou Chenevier. Avec Volapük, il a composé la musique de Aujourd’hui Peut-Être de Maguy Marin. Il crée Pince Oreille (musique, bruitage pour dessins animés et jeux) pour Infogrames et Disney Interactive, réalise des bandes-son pour des sites internet. Il joue également dans Un peu plus de lumière de la Cie pyrotechnique Groupe F. Avec Le Collectif Inouï, il compose et joue des musiques originales sur films muets The Unknown de Tod Browning (1927) depuis 2002.Il joue dans Fatch mise en scène de Charlie Kassab, accompagne le chanteur Lionel Damei et compose et joue sur le spectacle de la Cie Mises en scène M'aimes-tu ? de Michèle Addala.
Nicolas Chatenoud
Après avoir fait ses premiers pas dans la musique progressive avec le collectif théâtro-musical Crésudi, il fonde le groupe de rock HdB, avec lequel il enregistre 2 CD. C’est au sein du groupe Les Figures, chantier musical mené par Guigou Chenevier, qu’il participe notamment aux Rencontres Urbaines de La Villette, au festival MIMI ou au festival Musique Action. Il fonde le collectif Multipass qui produit l’installation sonore et visuelle X-Pass. Il compose pour de nombreuses compagnies théâtrales. En solo, la musique du spectacle Monstres ! de la Cie Tératos Logos, et avec Guigou Chenevier, la création musicale des spectacles Ailleurs, Paroles de Pierres et Bleus de Travail de la Cie Mises en Scène. Il compose et participe en tant qu’acteurs aux lectures musicales de Mises en Scène comme Les Lettres d’Algérie et vient de jouer dans leur dernière création Cairn. Il travaille sur un duo avec Andrzej Karpinski, musicien performer polonais.
Fred Giuliani
Depuis 13 années, Fred Giuliani et ses échantillons sonores investissent la scène de la musique créative. Sa rencontre avec Fred Frith au sein d'Helter Skelter lui ouvre les portes de l'improvisation et de l'exploration sonore. Cet opéra-rock, interprété par Que D'la Gueule tournera en Europe durant deux ans et demi. Il fonde E'Pericoloso Sporgersi avec Didier Roth et Laurent Luci. Il participe à FDTC, groupe à géométrie(s) variable(s) en compagnie de nombreux musiciens. Guigou Chenevier le contacte pour le projet Les Figures. Le spectacle de Ray Lema et Dany Kouyaté, Zen Oyem, l'emmène au Burkina Faso en résidence de création. Il compose la musique de 3 films documentaires de Claude Bossion. Au théâtre, il a travaillé avec diverses compagnies comme Générik Vapeur, le Théâtre à Grande Vitesse, le Théâtre Provisoire, La Naïve. Fred Frith l'invite pour Landing, oeuvre contemporaine, commande du Festival Banlieues Bleues, ainsi que pour SEtaccio, spectacle de théâtre gestuel de François Chat commande du Théâtre du Châtelet. Il compose également une création sonore sur l’œuvre de C. Debussy La Boite à Joujou mis en scène par François Chat jouée au Théâtre musical du Châtelet. Il joue dans les dernières créations théâtrales de Charlie Kassab.
Emmanuel Gilot
Après avoir suivi les tournées françaises et européennes de nombreuses formations musicales : Mama Béa, Alain Bashung, l’Art Ensemble of Chicago, Daniel Humair, Que d’la Gueule, Fred Frith … Il a participé à plusieurs créations son pour du théâtre et de la danse : Royal De Luxe, Helter Skelter, Aujourd’hui Peut-Être, l’Esprit Fumiste... Il anime des formations Technique et Son (Arcade, ADDM 84, Adiam 83, CNPT...) Il travaille sur les créations et tournées des différents projets artistiques du Collectif Inouï … Depuis de nombreuses années, il assume la régie son des festivals MIMI (13) dont Miminor en Russie en 2002 et enfin Gare Aux Oreilles (84) (5ème édition en 2006)... .
Mentions obligatoires :
Ce projet est réalisé en partenariat avec Les Grands Films Classiques, le collectif MultiPass et le cinéma Utopia Avignon et coproduit par
Le Théâtre du Cratère- scène nationale d’Alès (30)
Le Théâtre Les Salins- scène nationale de Martigues (13)
Ce projet est soutenu par La Région Paca, la DRAC Paca et la Spedidam.
Photos : Delphine Michelangeli
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| Les trois âges, de Buster Keaton |


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Dimanche 25 mars
Voir ou revoir les grands burlesques de Buster Keaton
et les premiers courts métrages de Chaplin (période Keystone) accompagnés en direct par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel au CNSMDP.
Le programme du 25 mars était accompagné au piano par Michaël Ertzscheid : "Les trois âges" de Buster Keaton était précédé d'un court métrage de Charles Chaplin "Caught in the rain" (1914).
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Les trois âges, de Buster Keaton
LES TROIS AGES
Réalisation : Buster Keaton et Edward F. Cline
Avec Buster Keaton, Wallace Beery, Margaret Leahy, Oliver Hardy
1923, 60’, noir et blanc
Résumé
A trois époques différentes, l'âge de pierre, la Rome antique, et l'Amérique contemporaine, un jeune homme se heurte aux difficultés de l'amour lorsque la belle famille lui préfère un rival plus fort ou plus riche...
Ce premier long métrage de Buster Keaton est un festival d'idées dans lequel, au sommet de sa forme physique, il défie une fois de plus les lois de la pesanteur et de l'amour. On le retrouve tour à tour vêtu de peaux de bêtes et bravant la tempête, portant péplum et toge dans une Rome antique et en toc, puis arborant frac et col cassé au jour de son mariage dans l'Amérique moderne des années 1920. Chef-d'œuvre du cinéma comique, le film jongle avec l'espace et le temps pour le plaisir absolu du spectateur.
Le point de vue de Jean Tulard
(Guide des films, Robert Laffont)
« L’amour est l’axe immuable autour duquel tourne le monde », affirme le préambule. Trois exemples, empruntés à l’âge de la pierre, à l’époque romaine et à l’Amérique de 1920, vont le mettre en évidence en montrant comment un jeune homme parvient à faire la conquête de sa bien-aimée, malgré un redoutable rival.
Désopilante parodie d’Intolérance de Griffith. Des gags irrésistibles, notamment dans la course de chars et un hymne à la débrouillardise.
Le point de vue de Jacques Lourcelles
(Dictionnaire du cinéma, Robert Laffont)
L’amour à travers les âges est éternellement identique à lui-même. Il y a les aventuriers, les conquérants prêts à tout pour l’emporter, comme Wallace, et les rêveurs, tel Buster. A l’âge de pierre, Wallace et Buster convoitent la même femme. Wallace, le plus fort physiquement, est préféré à Buster par les parents de la jeune fille. A l’époque de la Rome antique, Wallace est encore le préféré des parents car il a un grade élevé dans l’armée. A l’époque moderne, Wallace l’emporte toujours sur son rival en montrant aux parents son carnet de chèques de la First National Bank. Buster, lui, n’a qu’un chéquier de la Last National. Age de pierre : Buster veut susciter la jalousie de sa belle en courtisant une autre femme. Mais celle-ci est une géante qui le pousse à l’eau. Rome : Buster, toujours malchanceux, reçoit un vase sur la tête, tombé du balcon, de sa dulcinée. Epoque moderne : dans un bar, Buster a bu de l’alcool mélangé à son eau par un bootlegger qui voulait se débarrasser de cette marchandise prohibée et compromettante. Buster, ivre, s’endort. Un client du bar croit à tort que c’est lui qui a envoyé à sa femme un billet doux et se met à le boxer. Age de pierre : un duel à la massue oppose les deux soupirants. Buster ne peut triompher que par la ruse. Il met une pierre dans sa massue et l’emporte ainsi sur son adversaire. En guise de punition, il est traîné derrière un éléphant. Rome : une course de chars départagera les deux rivaux. Comme il neige, Buster Buster prend part à la course sur un char tiré par des chiens de traîneau (il a un animal de rechange dans sa malle arrière). Il excite les chiens à courir en accrochant à une perche qu’il tend devant eux un petit chat que son adversaire déloyal avait jeté dans leurs pattes. Buster gagne. Son ennemi le fait tomber dans une fosse où se trouve un lion. Epoque moderne : match de football américain. Buster, par son agilité, triomphe de son adversaire en le faisant écraser par un groupe de joueurs. A la sortie du stade, Wallace glisse une fiasque d’alcool dans la poche de Buster qui est arrêté (prohibition oblige). Age de pierre : Buster enlève sa dulcinée qu’il charge sur son épaule. Il catapulte des pierres sur ses poursuivants et au cours de la lutte se catapulte lui-même auprès de sa bien-aimée. Il la traîne ensuite par les cheveux : elle est ravie. Rome : il devient l’ami du lion de la fosse en lui faisant les ongles comme une manucure. Il sort de la fosse et se débarrasse de son rival en faisant s’écrouler sur lui les colonnes de la maison. Epoque moderne : il s’échappe du commissariat et enlève la fiancée de Wallace à l’église même où ce dernier allait l’épouser. A l’âge de pierre puis à Rome, les deux époux ont une nombreuse progéniture. A l’époque moderne, ils vivent en compagnie d’un petit chien.
Premier long métrage réalisé par Keaton. C’est une œuvre extrêmement riche qui combine l’invention burlesque pure (gags ponctuels, poursuites, anachronismes), la parodie cinématographique et des éléments de satire sociale. Empruntant à Intolérance sa structure pour la caricaturer, le film se promène à travers les époques et les entremêle. L’intrigue présente cinq fois la même série chronologique (âge de pierre, Rome antique, époque moderne) et ne se contente pas d’un unique va-et-vient entre l’époque d’Adam et Eve et le 20e siècle comme dans Fig Leaves de Hawks (1926). Outre Intolérance, Les trois âges parodie le genre du péplum dans son ensemble. Les pointes de satire sociale concernent surtout l’époque moderne : toute puissance de l’argent, disparition de la famille. Pour son premier grand film, Keaton s’en donne à cœur joie dans les travestissements burlesques, lesquels par leur cocasserie baroque contrastent violemment avec l’impassibilité légendaire du héros. Tout rêveur qu’il soit, celui-ci utilise son ingéniosité et ses étonnantes facultés d’adaptation pour triompher d’un adversaire plus costaud ou plus riche que lui. Aux trois époques, il gagne finalement le cœur de sa belle. La scène où Buster se promène sur son dinosaure comporte un des plus anciens trucages connus, mêlant dessin animé et action réelle.
Le cinéma burlesque : grandeur et déclin
(Philippe Leclercq, SCEREN – CNDP, 2006)
Les années 1920 correspondent à la fois à l’apogée du burlesque et à la fin d’une période pionnière du cinéma américain. « Si les années 1920 furent l’âge d’or du cinéma muet, le cinéma muet fut l’âge d’or des comiques » nous dit Jean-Loup Bourget (in Le Cinéma américain 1895-1980, PUF, 1983).
Peu après le film dramatique, c’est au tour du cinéma burlesque de conquérir ses lettres de noblesse auprès des grandes compagnies en passant du court au long-métrage. Des Trois Âges (1923) à Cadet d’eau douce (1928) en passant par Les Lois de l’hospitalité (1923), La Croisière du navigateur (1924) ou Le Mécano de la « General » (1926), c’est durant cette décennie que Buster Keaton réalise ses films les plus fameux (exception faite du Cameraman conçu en 1929 sous contrôle de la MGM).
C’est encore au cours de cette période que Charles Chaplin s’offre, avec son premier long-métrage – La Ruée vers l’or (1925) –, une image liminaire grandiose où l’on peut voir une immense colonne de chercheurs d’or (au Klondyke) traversant le célèbre Chilkoot Pass.
Que dire également d’un long-métrage burlesque comme Les Trois Âges qui parodie sans complexe le film le plus cher encore jamais réalisé : Intolérance de David Wark Griffith ? Quant à la mise en scène du Mécano de la « General » (espace, figurants, matériel, etc.), elle est tout simplement digne des superproductions les plus ambitieuses.
Plus modeste et moins onéreux, La Croisière du navigateur entraîne malgré tout des frais conséquents.
Les recettes escomptées par les producteurs justifient des dépenses importantes qui étaient jusque-là réservées à des œuvres dramatiques tant les effets esthétiques semblaient superflus, voire incompatibles avec le rire.
Dès lors, les acteurs du burlesque comme Buster Keaton, Harold Lloyd et surtout Charles Chaplin deviennent des vedettes incontestées. Les longs métrages de Keaton coûtaient « de 200 000 à 220 000 dollars, soit 20 à 30 % de plus qu’un film dramatique de production courante. Ils rapportaient entre 1 500 000 et 2 000 000 de dollars, à peu près autant que les films de Harold Lloyd, mais beaucoup moins que ceux de Chaplin, dont les recettes montaient sans peine jusqu’à 3 000 000 de dollars » (in Buster Keaton de Michel Denis, Éditions Anthologie du cinéma, 1970).
Fondée en 1919 par Charles Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks et David W. Griffith – trois stars mondiales aux côtés de l’instigateur du grand spectacle hollywoodien –, Les Artistes Associés (United Artists Corporation), société de production qui distribuera trois films de Keaton entre 1926 et 1928, garantit leur indépendance et leur liberté face aux menaces de regroupements des grands studios. Hélas, fusions et transformations engendrent dès 1925 la rationalisation de la production et l’hégémonie des studios qui, en peu de temps, et bien plus que l’avènement du cinéma parlant, mettent fin à l’esprit du burlesque.
C’est en 1928 que Keaton commet ce qu’il appellera plus tard « la plus grande erreur de [s]a vie ». Sur les conseils de son producteur Joseph Schenk et malgré les avertissements de Chaplin et Lloyd, Keaton renonce à ses propres studios et signe le contrat qui le met sous l’autorité de la MGM. C’est à partir de cette date qu’il commence à être « dévoré » par la société au lion rugissant... En effet, plus question de travailler dans l’improvisation selon les méthodes héritées de Mack Sennett. L’heure des commandes, des contraintes de mise en scène et des œuvres impersonnelles a sonné. Avec elle, le glas du burlesque.
BUSTER KEATON
Joseph Franck « Buster » Keaton naît le 4 octobre 1895 dans l’état du Kansas aux Etats-Unis. C’est le fils aîné de Joseph et Myra Keaton, eux-mêmes artistes de music-hall.
Les débuts sur scène
Les spectacles de music-hall étaient composés de numéros assez courts (comparables dans leur durée à un court-métrage), numéros qui s’enchaînaient très rapidement et qui étaient basés sur un montage très précis, réglé à la seconde et au millimètre. Les artistes se produisaient souvent avec un numéro unique, qu’ils présentaient de ville en ville, profitant ainsi de la répétition pour atteindre une quasi perfection dans la pratique de leur art.
A l’âge d’environ six mois, le jeune Joseph Keaton fait une chute malencontreuse et se voit surnommer « Buster » (gros malin) par Harry Houdini, magicien qui deviendra célébrissime et qui est alors le partenaire de Keaton senior.
Très tôt attiré par les lumières de la scène, Buster se retrouve propulsé au rang de vedette à l’âge de cinq ans, dans le numéro qu’il partage avec son père et sa mère et qui est intitulé : « Les 3 Keaton ».
Il va ainsi pendant de nombreuses années apprendre le métier de comédien auprès de ses parents dans un numéro qui s’intitulera successivement « Les 4 Keaton » (à la naissance de son frère Harry), et enfin « Les 5 Keaton », à l’arrivée de sa sœur Louise.
C’est au cours de ces spectacles que le jeune Buster s’aperçoit que les rires du public sont beaucoup plus forts quand lui-même garde un visage de marbre, malgré les situations amusantes (et assez musclées) que subit son personnage dans un numéro dont l’intensité lui vaut le surnom de « serpillière humaine ».
Il intensifie ce trait pour le rendre indissociable du personnage qu’il va bâtir au cinéma en tournant quelque cinquante films, (rien que pour sa période muette, qui s’étend de 1917 à 1930).
Les débuts au cinéma
En 1917, le numéro des Keaton comme celui de nombreux artistes de music-hall est violemment concurrencé par le cinéma. Né en 1895, celui-ci atteint rapidement une portée universelle grâce aux procédés de reproduction mécanique, produisant à grande échelle films et vedettes. Ainsi, au cours de la même soirée, un acteur de cinéma peut être simultanément présent à Paris, Londres, Berlin, ou New-York, sans parler des nombreuses villes de province du monde entier. C’est grâce au cinématographe que des acteurs burlesques américains comme Charles Chaplin, Harold Lloyd, Harry Langdon ou Laurel & Hardy atteignirent une gloire universelle.
Si Joseph Keaton se refuse à « montrer les 3 Keaton sur un drap de lit à 10 cents le fauteuil », Buster quant à lui se laisse séduire par cette nouvelle manière de travailler et participe en 1917 à son premier film de court métrage, intitulé : Fatty, garçon boucher, où son rôle consiste à « recevoir un sac de farine en pleine poire ».
Cette rencontre avec Roscoe Fatty Arbuckle va être déterminante pour la carrière cinématographique de Keaton ; il va jouer dans une douzaine de courts métrages avec Fatty, avant de réaliser en 1920 son premier film en solo : Malec, Champion de tir.
Keaton réalise et joue dans une vingtaine de courts métrages où il développe un personnage pince-sans-rire, résolument moderne dans sa relation avec les objets contemporains (téléphone, maisons démontables, trains, caméras…) qui deviennent sous son traitement aussi vrais que de véritables personnages.
Il va non seulement exploiter les ressorts comiques qu’il a longuement peaufinés dans sa pratique du music-hall, mais également utiliser le langage cinématographique en virtuose, réussissant le tour de force d’être drôle dans les pires situations, tout en produisant des images de toute beauté.
Entre 1923 et 1930, les longs métrages permettent à Buster Keaton d’approfondir son art et de se hisser au niveau des plus grands.
Parmi ses films les plus célèbres, on citera Le Mécano de la générale (The General, 1926), La Croisière du Navigator (The Navigator, 1924), Les 3 ages, qui est une parodie d’Intolérance de Griffith, Steamboat Bill Junior (1928) et Le Caméraman, premier film qu’il tourne pour la MGM en 1929.
« Le plus grand comique est quand même d’essence dramatique. Tout ce qui lui arrivait était dramatique, mais il était tellement léger qu’au lieu de faire pleurer, il faisait rire ; c’est aussi simple que ça. » (Raymond Devos)
« La beauté de son visage exprime magnifiquement tous les sentiments : son corps tout entier suggère. Les dons acrobatiques apportent une stylisation au mouvement et la grâce est en harmonie avec le comique. La distinction n’est pas feinte, la vulgarité absente. » (Pierre Etaix)
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| Collège, de Buster Keaton |

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Dimanche 29 avril
Voir ou revoir les grands burlesques de Buster Keaton
et les premiers courts métrages de Chaplin (période Keystone) accompagnés en direct par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel au CNSMDP.
Au programme le 29 avril : "College" de Buster Keaton. Le film sera précédé d'un court métrage de Charles Chaplin : The Rounders (Charlot et Fatty en bombe).
Accompagnement musical : Eri Kozaki (piano)
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College, de James W. Horne et Buster Keaton (1927)
Avec Buster Keaton, Ann Cornwall, Florence Turner
A l'Université, le jour de la remise des diplômes, Ronald fait un discours sur les méfaits du sport et loue les matières intellectuelles. Mary Haines, dont il est amoureux, le lui reproche. Pour la séduire, il décide alors de devenir sportif…
THE ROUNDERS (Charlot et Fatty en Bombe)
Usa 1914
Production : KEYSTONE
Réalisation : Charles CHAPLIN
Avec : Charles CHAPLIN, Roscoe "Fatty" ARBUCKLE, Minta DURFEE, Charley CHASE, Al SAINT JOHN
Charlie et Fatty, qui viennent de se payer une beuverie carabinée, regagnent leurs foyers respectifs. Il font les fonds de tiroir et s'en retournent au cabaret.
N & B 11'33
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| Le Cabinet du Docteur Caligari, de Robert Wiene (1920) |


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Dimanche 13 mai, 20h30
Dans une fête foraine, vers 1830, le Docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule. Celui-ci prédit à un étudiant, Alan, qu’il vivra jusqu’à l’aube. Il est en effet assassiné dans son lit...
Avec Conrad Veidt (Cesare), Werner Krauss (docteur Caligari), Lil Dagover (Jane), Friedrich Feher (Francis)...
Accompagnement musical en direct : Aidje Tafial (batterie) et Vinnie Peirani (accordéon et clarinette).
Architecte de formation, le batteur Aidje Tafial se produit régulièrement en ciné-concert et au sein de formations très variées (Les Yeux Noirs, Quinte & Sens, etc.)
Premier prix d'accordéon classique au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1996, Vincent Peirani s'est ensuite orienté vers le jazz et joue dans des groupes aux identités musicales très différentes.
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Deux hommes sont assis sur le banc d'un parc, à la tombée du jour. Le plus jeune, Francis, raconte à l'autre son histoire.
Cela a commencé dans l'ambiance bigarrée de la foire d'Holstenwall. Parmi les attractions, un docteur aux allures inquiétantes, Caligari, exhibant dans sa roulotte un somnambule diseur de bonne aventure, Cesare. Leur venue coïncide avec des morts mystérieuses. Alan, un ami de Franz, est l'une des premières victimes, puis c'est au tour de Jane, une jeune femme dont Franz est épris. Elle est enlevée en pleine nuit et sauvée par miracle.
Le coupable n'est autre que Cesare, mais le diabolique docteur parvient à détourner les soupçons. Un soir, Franz suit le docteur à travers les rues tortueuses de la ville, jusqu'à un asile d'aliénés où il a ses entrées. Un grimoire révèle qu'en l'an 1703 un criminel du nom de Caligari se produisait déjà dans les foires avec pour complice un faux somnambule. On enferme le docteur qui se prenait pour cet ancêtre.
L'histoire est-elle terminée? Non, car Franz est en vérité, lui-même un malade, ainsi que Jane et Cesare. Le directeur du véritable asile ressemble lui aussi à Caligari. Franz est-il fou? Ou le sont-ils tous?
Fiche technique
Acteurs : Conrad Veidt (Cesare), Werner Krauss (docteur Caligari), Lil Dagover (Jane), Friedrich Feher (Francis)
Scénaristes : Hans Janowitz, Carl Mayer
Compositeur : Giuseppe Becce
Producteurs : Rudolf Meinert, Erich Pommer
Pour Jacques Lourcelles : "Récit de la divagation d'un fou située dans un espace intérieur, intime, obsessionnel impliquant la disparition de toute distance réaliste entre les objets ainsi que la disparition de toute image réaliste de la nature dont les éléments (arbres, routes, etc…) sont représentés par des décors fabriqués de toutes pièces comme sur une scène de théâtre. L'espace du film devient alors cauchemardesque et morbide, non seulement parce que nous sommes à l'intérieur du cerveau d'un fou, mais aussi parce qu'il a été entièrement façonné par l'esprit et la main de l'homme. Le scénario recèle deux surprises de taille : la découverte, à l'intérieur du récit du fou que Caligari est non seulement bateleur, assassin mais aussi psychiatre et son pendant, la découverte, après la fin du récit du fou, que Caligari est le psychiatre personnellement attaché à soigner le narrateur.
La totale cohérence de ce cauchemar ouvre aussi d'étonnants horizons sur la folie du narrateur et sur la folie en général. Elle est pour une part - la part qui s'exprime sur le plan plastique dans le film - déformatrice, délirante, hallucinée. Elle est pour une autre part - celle qui s'exprime sur le plan dramatique - hyper-logique, convaincante et fascinante.
C'est la collusion à l'intérieur du film entre une vision plastique cauchemardesque et fantasmatique de la folie et une appréhension dramatique parfaitement et implacablement architecturée de cette folie qui fait le mérite de Caligari.
L'interprétation n'est pas le point fort du film. Elle préserve cependant la subtilité de chaque rôle. Le narrateur fou est naturellement le personnage le plus normal, le plus banal. C'est ainsi qu'il se voit. Caligari a au moins deux apparences et deux identités (bateleur, psychiatre). Aux dernières secondes le récit lui en rajoute uen troisième, la plus surprenante de toutes. Cesare a lui aussi plusieurs identités et plusieurs rôles. C'est, à l'intérieur du récit, un assassin et une victime (puisqu'il agit malgré lui). C'est, postérieurement au récit du fou, un malade, et peut-être encore une victime.
Car, bien que la narration soit dominée par le "je" du fou et donc non objective, son | | |