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Guantanamera... ou comment traverser Cuba avec un cercueil

mardi 18 mars 2008 à 01:01 | Actualités | par Virginie Champion

Dernier rendez-vous de la saison avec le "rire de résistance" - mot d'ordre lancé par Jean-Michel Ribes au Théâtre du Rond-Point et repris au Balzac avec un petit cycle de films de tous les pays ayant en commun un humour iconoclaste et revigorant. Après To Be or Not To Be, inépuisable chef d'oeuvre d'Ernst Lubitsch présenté le mois dernier par Tonie Marshall, nous avons programmé ce soir un film du réalisateur cubain Tomas Gutierrez Alea, Guantanamera (ou comment contourner un règlement administratif tatillon pour acheminer le cercueil d'une vieille tante décédée à l'autre bout du pays). Cerise sur le gâteau : le dramaturge et écrivain d'origine cubaine Eduardo Manet était là pour présenter la séance. Il a raconté sa rencontre avec le réalisateur (quand ils avaient tous deux 17 ans), leurs espoirs, leurs projets, leurs premières tentatives... Et il a raconté comment Tomas Gutierrez Alea avait choisi de rester à Cuba tandis que lui, Eduardo Manet, choisissait l'exil. Deux choix différents, deux carrières passionnantes.

Je profite de ce petit espace pour changer (un peu) de sujet et signaler qu'il y a actuellement au Rond-Point un spectacle formidable : dans "Phasmes" (les phasmes sont, si j'ai bien compris, de petits insectes qui prennent la forme de leur environnement), Daniel Mesguisch lit ses textes préférés et on est littéralement captivé. A voir de toute urgence !

The War, la Seconde Guerre Mondiale selon Ken Burns

mercredi 5 mars 2008 à 02:31 | Actualités | par Virginie Champion

Est-ce la grande qualité artistique, historique, humaine de cette passionnante série réalisée par le documentariste américain Ken Burns que la chaîne Arte va diffuser tous les mercredis à partir du 5 mars ? Est-ce tout simplement le sujet, sensible entre tous et qui nous concerne de très près ? Est-ce la qualité des intervenants choisis pour le débat par Jean-Claude Raspiengeas, du service culture de La Croix ? L’historienne Hélène Harter était précise et très claire, le cinéaste Bertrand Tavernier, ardent promoteur du travail de Ken Burns en France, passionnant et foisonnant comme toujours… Toujours est-il que les spectateurs qui ont assisté ce soir à cette nouvelle Ciné-Rencontre La Croix/Le Balzac sont tous, sans exception, restés dans la salle jusqu’à la fin du débat qui a suivi la projection en avant-première de 2 des 14 épisodes de la série. Et qu’ils auraient volontiers prolongé encore la discussion.
En guise de conclusion, ces quelques lignes sont signées Bertrand Tavernier. Elles figurent sur le site internet d’Arte : Ken Burns est l’un des grands cinéastes épiques, au sens que Brecht donnait à ce mot. Il passe de manière foudroyante du singulier au pluriel, du particulier au général, de l’individuel au collectif, d’une lettre à une image d’archive ou à un article de journal (Grandeur des correspondants de guerre et des journalistes de province), du front à l’arrière. À partir de quatre villes, de quelques dizaines de destins, il nous révèle une guerre qu’on croyait connaître par coeur, nous surprend sans cesse, nous bouleverse tout comme dans THE CIVIL WAR. On reste pantois, le coeur brisé mais on sait que THE WAR fait partie maintenant de notre vie. Pour toujours.