Agnès V en ses plages

A la toute fin du film, ses voisins et amis frappent à la porte de sa maison atelier de la rue Daguerre et lui offrent 80 balais. Elle a quatre-vingts ans, Agnès Varda, et elle entreprend de nous raconter sa vie, ses films, ses amours, ses maisons et ses plages, façon kaléidoscope, commentant elle-même les images, n'hésitant pas à se mettre en scène dans les situations les plus cocasses, illustrant son propos d'extraits de ses films... C'est drôle, émouvant, intriguant bref, parfaitement inclassable. A l'image d'Agnès Varda, chercheuse de forme qui ne fait au fond aucune différence entre le court et le long métrage, la fiction et le documentaire, le musée et la salle de cinéma, mue par le désir sans cesse renouvelé d'aller vers les autres... Courez voir les plages d'Agnès !
Guy Martin cuisine au Balzac
Avant la diffusion sur France 5 d'un joli documentaire qui lui est consacré (Guy Martin, un artiste en cuisine), Guy Martin, qui officie au Grand Véfour depuis 17 ans, a souhaité organiser une avant-première et mettre, comme il dit, les "petits plats dans les grands". Et quel meilleur endroit que le Balzac pour une telle entreprise ? Ainsi fut fait, jeudi soir. Accueil champagne, projection du film (très applaudi, on y découvre un Guy Martin extrêmement sympathique et attachant), extraits live du dernier spectacle de Didier Riey (Ciné Qua Non) et plateaux repas servis chacun à sa place par une nuée d'efficaces maîtres d'hôtel... Quelle logistique ! Et quel régal ! Après Olivier Roellinger, le Grand Véfour. Le Balzac reste décidément le meilleur cinéma gastronomique de Paris !
Elle est libre, Julia !

Coïncidence du calendrier des sorties : les trois films actuellement à l'affiche du Balzac se passent en prison (ou en partie pour ce qui est du Visitor). Pas grave car ce sont de beaux films (évitez simplement de les voir tous le même jour !).
Avec Leonera, Pablo Trapero nous emmène dans une prison un peu particulière puisqu'elle n'enferme que des femmes avec de jeunes enfants. Quand Julia est arrêtée, elle sait à peine qu'elle est enceinte et à peine pourquoi elle va être condamnée. Est-elle coupable du meurtre de son amant, nous ne le saurons jamais et peut-être qu'elle-même n'est pas sûre de la vérité. Ce qui est certain, et qui a finalement plus d'importance, c'est que l'arrivée dans sa vie du petit Tomas, son fils, la transforme profondément. Tomas et Julia partagent des moments privilégiés dans cette prison crèche dortoir où il y a plus de solidarité que d'intimité. Et rester coûte que coûte avec son fils devient peu à peu l'obsession de Julia, interprétée par une Martina Gusman touchante et rayonnante...
Hunger : le choc

En 1981, Bobby Sands, militant à l'IRA, meurt après 66 jours de grève de la faim. Il réclamait le statut de prisonnier politique.
Steve McQueen, vidéaste et plasticien anglais, en a tiré un film âpre et sec comme un coup de matraque. Hormis un très long entretien entre Bobby Sands et un prêtre, le film est quasiment muet, alternant des séquences fortes, sans jamais quitter l'intérieur de la prison. Caméra d'or amplement méritée au dernier Festival de Cannes.



