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Un cinéma trois étoiles avec Olivier Roellinger

mercredi 23 avril 2008 à 18:25 | Actualités | par Virginie Champion


Hier soir, pour un soir unique et mémorable, la grande salle du Balzac s’est transformée en restaurant trois étoiles. Nous avons accueilli (pour la deuxième fois) le grand chef trois étoiles Olivier Roellinger, qui ne quitte son Cancale natal - où il a installé ses Maisons de Bricourt - que pour les grandes occasions… Avec son ami l’écrivain et réalisateur Christian Lejalé, Olivier Roellinger a fait le tour du monde. De ce voyage, ils ont ramené un documentaire et un livre, « Trois étoiles de mer ». Pour présenter le film en avant-première et remercier tous ceux qui l’ont accompagné au cours de cette aventure exceptionnelle, Olivier Roellinger a voulu préparer un repas pour 300 personnes qui serait servi sur des plateaux… On imagine le défi logistique ! Levé à quatre heures du matin, le chef a quitté la Bretagne avec toute sa brigade, des coquilles Saint-Jacques et du filet de bar tout frais pêchés ainsi que toutes sortes de délicieux ingrédients. A dix heures, ils étaient au Balzac et se sont mis au travail, jonglant entre le foyer, le hall et les couloirs, dans un ballet chorégraphié au millimètre. A 19h30, les 300 invités étaient là, reçus à l’entrée par un verre de cidre « Royal Guillevic » et des petites mises-en-bouche servies dans des berniques. Olivier Roellinger et Christian Lejalé ont ensuite pris la parole pour raconter leur voyage (del’Inde au Cap Horn, en passant par le Vietnam, Bahia et le Japon) puis ils ont laissé parler les images. Pendant les 52 minutes du film, ça s’activait en coulisses. Au moment même où les lumières se sont rallumées, les plateaux ont commencé à circuler : en vingt minutes, tout le monde était servi. Au menu : Bar et petites pommes de terre au bouillon d’herbes de mer et galanga - Coquille Saint-Jacques, petits pois et moutarde celtique - Ananas, sucre sauvage et curry corsaire. Bien sûr, ça ne se raconte pas, ça se déguste. Et en musique s’il vous plaît, avec nos fidèles Vincent Lê Quang (saxophone) et Bruno Ruder (piano). En guise de note finale, le fameux grog (rhum, cidre et épices). Toute l’équipe (celle de Roellinger et celle, au grand complet, du Balzac, qui a donné un sacré coup de main) est venue saluer sur scène. Dans la salle, les applaudissements étaient généreux. Comme Roellinger. Chapeau l’artiste, et merci !

Deux femmes dans le conflit israélo-palestinien

mardi 22 avril 2008 à 00:18 | Films | par Virginie Champion

Ana est française, riche et quelque peu désinvestie... Elle apprend à la mort de son père que la fille qu'elle a eue très jeune et abandonnée à la naissance vit dans une colonie à Gaza où elle travaille comme institutrice. Le demi-frère d'Ana est, quant à lui, soldat dans l'armée israélienne, il est chargé de mener à bien le retrait des colons juifs de Gaza : c'est le désengagement, pour reprendre le beau titre du nouveau fim d'Amos Gitaï, avec Juliette Binoche dans le rôle d'Ana.
De son côté, Salma est palestinienne. Elle vit en Cisjordanie, à deux pas de la frontière avec Israël et cultive un magnifique verger de citronniers hérité de son père. Sa vie bascule le jour où le nouveau ministre de la Défense israélien s'installe en face de chez elle : les responsables de la sécurité estiment que les citronniers, trop denses, constituent une cachette idéale pour d'éventuels terroristes et qu'il faut les arracher. Seule contre tous, Salma décide de se battre pour sa terre...
Deux films venus d'Israël à l'affiche du Balzac, deux actrices merveilleuses (Hiam Abbas, qui tient le rôle de Salma dans Les Citronniers fait d'ailleurs une apparition dans le film d'Amos Gitaï), deux destins individuels face à la grande Histoire, deux regards de cinéastes sur un conflit qui n'en finit pas de finir...

3 jours pour fêter la musique de film

mercredi 16 avril 2008 à 19:46 | Musique | par Jean-Jacques Schpoliansky


2008 est l’année du centenaire de la musique de film, et c’est au Balzac que la Sacem a choisi de célébrer à sa manière l’événement. En trois jours très denses (13, 14, 15 avril), nous avons ainsi accueilli des personnalités aussi variées et talentueuses que Stephan Oliva (pour un ciné-concert), Jean-Michel Bernard (pour une leçon de cinéma avec Stéphane Lerouge), Jean-François Zygel (pour une création musicale sur le film de Marcel L’Herbier, L’Argent), Pascal Bonitzer, Lambert Wilson, Anne Consigny et Mathieu Demy (pour l’avant-première du film Le Grand Alibi). En trois jours, de nombreux fils unissant musique et cinéma ont été tirés : enregistrement en direct d’une émission sur France Musique, ciné-concerts, ateliers, débats, projection de courts métrages, rencontres avec des réalisateurs et des compositeurs, leçons de musique se sont succédé. Des échanges fructueux ont eu lieu, qui donneront lieu à des collaborations, plus tard. Les trois grandes soirées ont été de vraies réussites publiques, nous avons même sérieusement débordé pour l’avant-première du dernier soir. Rarement sur le devant de la scène, la Sacem a merveilleusement joué son rôle, d’incitateur, de facilitateur, de découvreur de talents. Et le Balzac, lieu emblématique pour la musique et le cinéma, se sentait tout à fait à la bonne place !

Vive la Révolution !

mercredi 9 avril 2008 à 18:34 | Ciné-concerts | par Virginie Champion

La Révolution Française vue par D. W. Griffith, c'est extraordinaire ! Une multitude d'intrigues savamment entremêlées au cours desquelles on croise les figures tutélaires de Danton et Robespierre, un Paris à feu et à sang où le pouvoir change de main en moins de temps qu'il n'en faut pour couper une tête, deux malheureuses orphelines (Dorothy et Lilian Gish) dont le destin croise la grande Histoire et les intertitres signés Griffith qui valent leur pesant de didactisme... Même si on est sûr qu'Henriette et son fiancé le Chevalier de Vaudrey échapperont finalement à la guillotine, on n'en mène vraiment pas large quand le bourreau s'apprête à faire tomber le couperet. Pour accompagner ces Deux orphelines, ce monument de cinéma de plus de deux heures, le Quatuor Prima Vista - un quatuor à cordes venu d'Auvergne et qui s'est spécialisé depuis une dizaine d'années dans l'accompagnement de films muets - est monté à Paris proposer sa dernière création. Baudime Jam avait composé une partition toute en nuances qui mettait en valeur les grandes qualités du film.