Du théâtre au cinéma

Encore une très belle soirée au Balzac, avec la complicité de l'Athénée Théâtre Louis Jouvet. La compagnie acte 6 y présente actuellement (et jusqu'au 2 février) deux spectacles : Les courtes lignes de monsieur Courteline, subtil entrelacement de saynètes et de numéros chantés porté par de formidables comédiens. Et dans la petite salle haut perchée de l'Athénée, une pièce de Gaston Leroux, L'Homme qui a vu le diable. Tous ces artistes venus du théâtre étaient ce soir au Balzac, pour une soirée Grand-Guignol. Ils ont joué quelques extraits de leurs spectacles puis Grégory Veux, le pianiste de la compagnie, a pour la première fois tenté l'expérience du ciné-concert, accompagnant en direct un double programme : Figures de cire, de Maurice Tourneur et Le Fantôme de l'Opéra, de Rupert Julian. Pari réussi, et la preuve que théâtre et cinéma peuvent faire bon ménage !
Les Excellents Cinémas de Paris lavent plus blanc !
Les Excellents Cinémas de Paris ? C'est une association loi 1901, cofondée en 2003 par le Rex, l'Arlequin, le Balzac et le Club de l'Etoile. Que faisons-nous ensemble ? Nous défendons notre beau métier d'exploitant de cinéma indépendant. Et, surtout, nous nous amusons avec le public. Nous organisons régulièrement des parcours cinématographiques et gastronomiques sur toute une journée dans Paris. Et pour corser le tout, nous nous donnons un thème. Hier, par exemple, c'était : blanc. Cent quatre vingt personnes se sont retrouvées devant le Grand Rex à 10h du matin. Elles étaient aussi nombreuses quelque treize heures plus tard au Club de l'Etoile, après avoir transité par l'Arlequin et le Balzac. Au menu de cette folle journée, deux avant-premières (No Country for Old Men, des frères Coen, Promets-moi, d'Emir Kusturica), des courts métrages, un goûter opérette au Balzac avec la participation de la Maison Angelina, et quelques surprises... Que du bonheur ! Les Excellents Cinémas de Paris ont même un site internet : www.lesexcellentcinemasdeparis.com.
En attendant Pippo Delbono

Questo buio feroce - cette obscurité féroce - est le titre du nouveau spectacle de Pippo Delbono, à l'affiche au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 2 février. Troupe de comédiens épatants et totalement hors normes, patchwork de musiques puisant dans les répertoires les plus variés, tableaux vivants à l'implacable composition, on retrouve tout l'univers baroque et foisonnant du célèbre metteur en scène italien qui, comme d'habitude, sert de fil conducteur au spectacle, tout de blanc vêtu, nous entraînant à sa suite dans une marche bouleversante, de la lumière à l'obscurité, de la vie à la mort.
Pippo Delbono sera au Balzac lundi soir à 20h30, pour présenter le film culte de ses illustres et iconoclastes compatriotes Monicelli, Risi et Scola, Les Nouveaux Monstres. Rire (de résistance) garanti !
Bientôt sur les écrans... Le Bannissement

Magnifique film - ambitieux, majestueux, émouvant, spirituel voire religieux et d'une beauté à couper le souffle - signé par Alexandre Zviaguintsev, après Le Retour. Nous l'avons projeté hier soir en avant-première, en présence du réalisateur russe qui est resté après la projection pour un débat animé par Arnaud Schwartz, responsable des pages cinéma au journal La Croix. Même s'il préfère que les images de son film parlent pour lui (à Michel Kubler, responsable des pages religion à La Croix, qui lui posait la question des multiples images religieuses traversant son film, Alexandre Zviaguintsev a répondu qu'en effet Marie et Joseph avaient été une source d'inspiration pour lui mais que, pour le reste, tout est dans le film !), le réalisateur s'est prêté au jeu avec beaucoup de gentillesse, de simplicité et d'humour. Un moment de grâce et de cinéma.
Un soir de réveillon... au Balzac !

L'opérette revient à la mode, et c'est un vrai bonheur. C'est gai, sans prétention, follement drôle, totalement libre et furieusement "moderne", pour reprendre le mot qui revient constamment dans la bouche d'Henri Garat, héros d'Un soir de réveillon, petit bijou réalisé par Charles Anton en 1933.
Ce soir, nous avons eu la chance de présenter cette pétillante comédie musicale dans une version restaurée par Lobster Films, après que la Compagnie des Brigands, qui triomphe actuellement à l'Athénée dans une autre opérette - "Arsène Lupin banquier" - a interprété sur scène quelques extraits du spectacle. Rire, joie, insouciance. Le public a adoré.
2007 : un très bon cru au Balzac !

En 2007, le Balzac a totalisé plus de 180 000 entrées, ce qui représente une augmentation de 6% environ par rapport à 2006, résultat dont nous nous félicitons d'autant plus que l'ensemble de la profession a beaucoup souffert cette année et que la fréquentation au plan national a baissé de 5% environ, d'après les derniers chiffres publiés par le CNC. Nous avons plus que limité la casse au Balzac et prouvé qu'on pouvait encore attirer le public dans un quartier où les cinémas disparaissent les uns après les autres, avec des films d'auteurs.
Parlons des films de 2007. Incontestable numéro à notre box office personnel : La Vie des autres, sorti en janvier dernier et qui a totalisé chez nous plus de 40 000 entrées. Viennent ensuite De l'autre côté, Still Life, Le Jardin des Finzi-Contini, La Graine et le mulet (dont la carrière n'est pas terminée), Mon frère est fils unique, L'Avocat de la terreur, Les Climats, The Bubble...
Le premier film made in USA n'arrive qu'en dixième position : Chronique d'un scandale, immédiatement suivi dans notre palmarès du Last show de Robert Altman. Les films américains représentent moins de 10% du total des entrées du Balzac, alors que le seuil symbolique de 50% a été dépassé dans la moyenne nationale. Atypique et très art et essai, la programmation du Balzac... Et cette année, le public nous a suivis. Merci !



