Pas rentable, circulez !
Crazy Big Band, Yeah !
Cinq soirs de suite, nous avons accueilli les vingt musiciens du Crazy Big Band (dirigé par Thierry Lalo) sur la scène du Balzac. Les trois premiers soirs, à cause de la grève, les spectateurs étaient motivés mais assez rares... Ils se sont largement rattrapés pour les deux dernières dates : un quasi complet hier soir, et un complet ce soir. Ambiance extraordinaire, public ravi et chaleureux, musiciens impeccables et bien rôdés. Quel succès ! Quelle expérience !
Dur, dur, la grève !

Au Balzac, on peut dire qu'on a senti passer les dix jours de grève. Nous avons melencontreusement sorti un nouveau film très attendu le premier jour de la mobilisation, De l'autre côté. Résultat des courses : ce film a fait très peu d'entrées au Balzac par rapport à certaines salles implantées dans des quartiers de proximité. Il est rare qu'on vienne au Balzac à pied de chez soi, il y a toujours un petit bout de métro, de bus ou de voiture...
Nous comprenons les spectateurs, bien sûr. Ils se sont épuisés toute la journée à rejoindre tant bien que mal leur lieu de travail. On n'allait pas, en plus, leur demander de ressortir le soir, alors que rien ne les y obligeait, même pas un billet acheté d'avance et non remboursable (avantage très net des théâtres sur les cinémas !).
Mais nous sommes un peu dépités. Dépités parce que De l'autre côté est un film rare et magnifique qui aurait dû faire un démarrage en trombe. Dépités parce que Giovanni Mirabassi, venu accompagner lundi soir un film de Pabst, aurait dû remplir la salle. Idem pour le Crazy Big Band, qui a joué les trois premiers soirs devant un public plutôt clairsemé. Nos efforts et tous ces talents rassemblés méritaient vraiment mieux que ça. Heureusement, la grève a fini par se tarir et les spectateurs, qui n'attendaient que ça, commencent à revenir. Il leur reste encore deux soirées (ce soir à 21h30 et dimanche à 19h) pour vibrer au concert exceptionnel offert par le Crazy Big Band avant le film de Fatih Akin. Vingt musiciens, une chanteuse, une ambiance électrique, des rappels...
Allez, on oublie cette semaine noire et on passe à autre chose.
Pabst - Mirabassi : affinités électives

A pied, à cheval, à vélib', ils sont quand même venus, les ultra-motivés, un peu plus nombreux que dans nos prévisions pessimistes d'exploitants de cinéma échaudés par une semaine de grève des transports... Ils sont venus et ils ont vu le film de G. W. Pabst, Le Journal d'une fille perdue, magnifique écrin pour une Louise Brooks au sommet de son art et de sa trop brève carrière. Et ils ont entendu l'accompagnement au piano offert par le très grand pianiste Giovanni Mirabassi. Subtilité, humour, sensibilité, infimes variations, le jeu du pianiste collait au film comme un bas de soie invisible. Silence recueilli et admiratif pendant toute la projection, applaudissements redoublés après la dernière image. Merci Giovanni !
Jekyll ou Hyde ?

Quelques jours après Halloween, nous avons accueilli ce soir trois musiciens exceptionnels emmenés par Christopher Bjurström pour un ciné-concert tout à fait de saison, puisqu'il était consacré à la figure terrifiante et fascinante du Dr Jekyll - alias Mr Hyde. Deux films au programme : Dr Jekyll et Mr Hyde, de John Robertson (1920), où l'on voit un John Barrymore se métamorphoser d'une manière réellement impressionnante (les enfants dans la salle n'en menaient d'ailleurs pas large !). Puis un pastiche hilarant avec Dr Pyckle et Mr Pryde, où Stan Laurel se met à sautiller et à faire des blagues aux gens dans la rue après avoir ingurgité un breuvage de sa composition. Et en plus, il y avait du monde dans la salle !



