Le Balzac : une scène pour le CNSM

Depuis dix ans, nous accueillons tous les samedis soirs en première partie de séance de brillants musiciens issus du cycle de perfectionnement du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, pour des mini-concerts qui font le bonheur de nos spectateurs. Nous faisons plus cette année puisque nous avons initié un nouveau partenariat avec la classe d'improvisation au piano animée par Jean-François Zygel. Un dimanche par mois, un de ses élèves vient accompagner au piano un classique du cinéma burlesque. Ce matin, nous avons ainsi eu le plaisir de voir ou revoir Harold Lloyd dans Safety Last, accompagné au piano par une jeune Japonaise pétillante et pleine d'avenir : Eri Kozaki. Musique et cinéma, deux talents conjugués, rires garantis dans la salle.
Ensoleillement secret

A la suite du décès accidentel de son mari, elle emménage avec son fils dans une nouvelle province où elle tente de reconstruire sa vie... Acharnement du destin, quelque temps plus tard, son fils est enlevé puis assassiné par son professeur d'éloquence qui espérait obtenir une rançon. Beaucoup d'épreuves pour la jeune femme, qui sombre, est repêchée par une communauté charismatique dont les rites lui apportent une paix intérieure superficielle. Elle sombre à nouveau, dans les eaux noires de la folie... Le film est sobre, sans affèterie ni pathos excessif, l'histoire est poignante et l'actrice coréenne - récompensée à Cannes - est remarquable. Une plongée dans les profondeurs de l'âme humaine dont on sort bouleversé et, en même temps, apaisé...
Sujet sérieux, débat passionnant

Nous accueillions hier soir la 4e ciné-rencontre organisée au Balzac par le journal « La Croix ». Un vrai sujet (la dette de l’Afrique), un vrai film (Bamako) et des intervenants solides (le réalisateur Abderrahmane Sissako, l’économiste Philippe Chalmin, le producteur Denis Freyd), le tout orchestré par Jean-Claude Raspiengeas, chef du service culture à « La Croix ». Deux cents personnes participaient à cette séance et on les sentait toutes très concernées par la question. Les échanges, cordiaux, étaient très nourris, notamment entre l’économiste, spécialiste de l’Afrique et des matières premières, et le réalisateur malien, qui ne partageaient pas tout à fait le même point de vue sur les raisons de l’endettement des pays africains. Ce qu’il y a de formidable avec ce ciné-club « La Croix » que nous accueillons depuis un an maintenant, c’est que c’est toujours extrêmement bien préparé, les intervenants sont choisis avec pertinence, les questions de fond sont abordées sans détour… et malgré l’heure tardive, les gens restent jusqu’au bout !
Pochette Surprise, c'est la 5e saison !

Nous avons parfois au Balzac de bonnes idées qui, en plus, attirent le public... C'est le cas de Pochette Surprise qui a entamé sa cinquième saison ce dimanche matin avec une salle bien remplie. Beaucoup d'habitués dans le public - de vrais mordus pour la plupart - qui viennent en famille voir les petites merveilles de Chaplin, Keaton, Lloyd, Laurel et Hardy, des dessins animés, des scènes à trucs comme on dit pour qualifier les premiers trucages ou effets spéciaux de l'histoire du cinéma... On est toujours surpris par la fraîcheur de ces films qui n'ont rien de démodé. Une preuve : tout le monde rit dans la salle, de 7 à 77 ans. Le travail d'accompagnement et de mise en valeur réalisé par nos musiciens (Jacques Cambra en tête, et tous ses invités) n'est pas pour rien dans le succès de la formule. Pour le prix d'un ticket de cinéma, vous aurez bientôt un orchestre tout entier ! Bien sûr, tout ça ne vaut pas la télévision le dimanche matin, mais c'est tout de même un bon début !
This is England

Ce n'est pas parce que le XV d'Angleterre vient d'infliger une défaite vexante à l'équipe des Bleus qu'il faut boycotter ce petit film venu d 'outre Manche, rien à voir ! This is England nous offre une plongée directe dans l'Angleterre des années Thatcher, sur fond de guerre des Malouines et émergence du mouvement punk. Nous attachons nos pas à ceux d'un jeune garçon de douze ans, Shaun, qui a perdu son père à la guerre et qui, rejeté à l'école, trouve refuge et fraternité auprès d'une sympathique bande de punks un peu plus âgés que lui... Tout reste relativement bon enfant jusqu'à ce qu'un ancien du quartier, récemment sorti de prison, ne fasse irruption et tente de mener la bande vers une pensée et des actions un peu moins sympathiques. Brutale sortie du monde de l'enfance pour Shaun. Le film est bardé de récompenses glanées dans différents festivals internationaux, et le jeune comédien qui interprète le rôle principal est criant de vérité.
25e édition du « goût du court ! »

Samedi matin, nous fêtions la 25e édition du « goût du court ! » - les brunches du court métrage initiés par le Balzac en septembre 2000. Et samedi, pour cette séance anniversaire, nous avons fait un complet (400 places), preuve que les amateurs de courts métrages ne manquent pas, pour peu qu’on leur donne envie de se déplacer ! Il faut dire que nous avions fait les choses en grand, avec l’aide de notre fidèle public et de nos partenaires. En plus du brunch Starbucks Coffee, nous avions organisé une petite tombola pour faire gagner cinq « paniers garnis du court » et, à la fin, des gâteaux préparés par les spectateurs (qui se sont prêtés au jeu avec beaucoup d’enthousiasme), étaient proposés dans le hall du Balzac… Et puis, il y avait les films, bien sûr. Toujours de très belle qualité et en présence des réalisateurs (le débat qui suit la projection est toujours un grand moment de ces matinées). Nous avons montré six films formidables, samedi. La séance était encadrée par deux petits bijoux de drôlerie et de légèreté, Big Family, de Cyril Cohen et Premier Voyage, de Grégoire Sivan. Les quatre autres films – vous êtes plusieurs à nous l’avoir fait remarquer même si nous n’en avons pas vraiment eu conscience au moment de la sélection – traitaient tous, de près ou de loin, et de manière plus ou moins détournée, du thème de la mort ou du deuil : Regarde-moi, d’Olivier Lécot, Pour de vrai, de Blandine Lenoir, Manon sur le bitume, d’Elizabeth Marre et Olivier Pont, Irinka et Sandrinka, de Sandrine Stoïanov. A l’issue de la séance, comme d’habitude, tout le monde a voté. Le dépouillement fut long, mais deux films sont sortis en tête (c’est la loi du genre) : Manon sur le bitume et Premier voyage. Ces films se retrouvent donc en lice pour notre « prix du public 2007 ». A suivre…




