Parcours du combattant
lundi 14 mai 2007 à 01:54 | Ciné-concerts | par Virginie Champion
Pas toujours très simple d'organiser un ciné-concert. Même quand on a une idée de film et des musiciens talentueux et motivés, la partie est parfois loin d'être gagnée. Il faut tout d'abord trouver une copie disponible et en bon état, ainsi que l'ayant-droit correspondant (les deux n'allant pas forcément de pair). Il faut aussi régler la question des intertitres. Sont-ils traduits en français sur la copie que l'on va avoir ? Sinon, il faut prévoir une traduction simultanée pendant la séance. Mais pour la préparer, il est nécessaire d'avoir un relevé des cartons. Quelqu'un a-t-il déjà fait ce travail pour le film ? Si oui, en reste-t-il quelque part une trace ? Et comment être certain que les intertitres obtenus le cas échéant après d'improbables tractations sont bien ceux qui apparaîtront à l'écran le jour J et ne proviennent pas plutôt d'une vieille version du film passée à la télévision dix ans plus tôt ? Pour éviter toute déconvenue, le mieux est encore d'organiser une répétition générale... Facile à dire, mais impossible de le faire si on n'est pas en possession de la copie. Et il est rare qu'elle soit livrée en avance. Il arrive même qu'elle arrive très très tard, après que le chauffeur remplaçant d'un prestataire sous-traitant du transporteur initialement sollicité l'a gardée au fond de sa camionnette pendant trois jours sans prévenir qui que ce soit... Bref, on a beau s'attendre à tout, il faut rester souple et zen. Ce soir, pour notre ciné-concert sur Le Cabinet du Docteur Caligari, nous avons échappé de justesse à toutes les catastrophes possibles et imaginables. Ce qui s'est passé en fin de compte ? Une magnifique copie restaurée et teintée venue d'Allemagne a été livrée in extremis au Balzac. Les intertitres allemands ont été traduits de main de maître, sans aucune erreur ou approximation. Et la musique ? Extraordinaire. Ils étaient deux pour accompagner ce grand classique du cinéma expressionniste allemand : Aidje Tafial à la batterie, Vincent Peirani à la clarinette et à l'accordéon. Deux qui s'accordaient merveilleusement pour faire vivre cette sombre histoire de folie et de dédoublement. Et c'était magique. Tout simplement !







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