Loin d'elle, sujet difficile, film bouleversant

Nous avions déjà pu admirer les talents d'actrice de Sarah Polley dans le film d'Isabel Coixet, Ma vie sans moi, sorti au Balzac en 2004. La jeune Canadienne nous revient comme réalisatrice avec un film ambitieux, en ce sens qu'il se confronte à l'impossible sujet par excellence : la maladie d'Alzheimer. Loin d'elle met en scène un beau couple incarné par deux magnifiques comédiens, Julie Christie et Gordon Pinsent. Atteinte par la terrible maladie, peu à peu elle s'éloigne, de son mari et de ce qui a été jusqu'ici sa vie. Elle s'éloigne et aborde avec une inconscience cruauté des rivages nouveaux où lui n'a plus sa place. Amour et maladie sont ici indissolublement liés. Ce n'était pas prévu au programme, mais il faut faire avec désormais. Le film est maîtrisé de bout en bout, sans pathos excessif. Il ne vous laissera pas indifférent.







Commentaires
1. Le lundi 7 mai 2007 à 16:36, par BORTELLE
Voilà enfin un film qui traite d'un sujet grave avec une véritable originalité ! Jamais la carte du pathos n'est mise en avant (et pourtant il y avait de quoi en faire des kilos, des quintaux, des tonnes). Plus original encore est le traitement de l'absence de l'autre comme le suggère le titre. Le personnage principal n'est pas la malade mais bien celui qui est malade de ne pas avoir son épouse malade à ses côtés. En prenant le thème de la maladie à rebrousse poil, la réalisatrice réussit le pari audacieux de maintenir le spectateur dans une perpétuelle attention où l'émotion n'est jamais loin bien sûr mais sans pour autant être mise en avant comme seul faire valoir. Bien sûr on pourra aussi applaudir la performance tout en nuance de Julie Christie. Son regard topaze, ses rides assumées nous la rendent aussi proche qu'à son malheureux époux transi. Elle est plus belle que jamais, comme ces comédiennes qui n'ont jamais hésité à se montrer telles qu'elles : Signoret, K.Hepburn, S.Flon...
Voilà un joli film, bien écrit, bien filmé. Un vrai film d'amour mais pas traité comme tel.
2. Le lundi 14 mai 2007 à 21:52, par beatrice
Mon commentaire est plus que banal : le film est tellement vrai, tellement proche de la réalité, de cette déconvenue d'une visite où vous espérez être reconnu(e) juste un instant, mais il faut accepter le fait que vous n'êtes pas bienvenu(e) que vous dérangez.
Bouleversant je ne sais pas pourquoi j'ai eu envie de dire ce que tout le monde a ressenti
3. Le mardi 12 juin 2007 à 07:09, par destrés
Ce doit être un des plus beaux films que j'ai vu au Balzac : outre que les acteurs sont remarquables, de par leur beauté et leur authenticité, on peut enfin entendre parler d'une maladie grave sans dramatisation inutile : ici pas de misérabilisme, mais la possibilité de parler d'un souci que nous avons tous, ou que nous pourrions tous avoir, soit pour nous-même, soit pour un de nos proches.
de quoi sera fait l'avenir ? nous ne le savons pas, mais on a l'impression ici que quel qu'il soit, on peut mettre des mots sur une situation, même aussi douloureuse, voire des images, et peut-être la rendre ainsi sinon plus compréhensible, tout au moins plus acceptable, même si cela peut sembler difficile.
Merci à Julie Christie et Gordon Pinsent d'avoir fait du film ce qu'il est. bravo aussi au Balzac d'avoir eu le courage de prendre le film, car "nous le valons bien" !